RIP Donna Summer



par Don Diego

Oyez Oyez ! La radio en a déjà largement parlé, mais cet article a pour objectif de partager l’émoi qui accompagne la perte de Donna Summer, une grande dame du disco qui a su conjuguer érotisme et rythme pour un mélange incroyablement rentable.

Sculpturale chanteuse noire américaine, elle remplace au pied levé la voix d’ « Aquarius », l’introduction de la comédie musicale « Hair », lors de sa tournée européenne à la fin des années 1960. Elle rencontre Herr Sommer, un sémillant allemand qu’elle épouse. De cette union naitrons plusieurs enfants. Mais une confortable vie de famille ne saurait correspondre au tempérament de feu de la belle Donna Gaines-Sommer. Elle s’acoquine avec la scène électro allemande de l’époque et rencontre Georgio Moroder, un jeune DJ plein d’avenir. Il la présente à Pete Bellote, producteur à peu près aussi ambitieux.

La machine Disco tourne à plein régime et Donna Summer (de son nom d’artiste), récemment divorcée, lance « Lady Of The Night » :

Le succès est immédiat. Georgio Moroder et Pete Bellote se servirons ensuite de la belle afro-américaine comme d’un véritable laboratoire de sons. Après quelques tubes d’excellente facture, la Diva donne généreusement une sensualité inédite à « Love To Love », un incroyable orgasme en stéréo 70’s à écouter en version longue pour sa superbe ligne de basse et ses imparables arrangements.

Le titre fait un scandale sexuel et facile, mais qu’importe, une légende est née et Donna Summer, bourrée de drogues, d’alcools et de médicaments donnera sans retenue sa splendide voix énergétique. Une grande solitude se cache au creux de ses rythmes redoutables, écoutez par exemple « On The Radio » en version longue et le déchirant « The Only Friend I Know Is My Radio », blotti à la toute fin du morceau.

S’ensuivent des disques plus ou moins hallucinés comme le moyen « Four Season Of Love » ou le formidable « Once Upon A Time » dont la chanson « Faster And Faster To Nowhere » est une métaphore à peine dissimulée de tout ce que la chanteuse se met dans les narines/poumons/gosier. La fin du disco se caractérise par une certaine violence toute en muscles préfigurant les années 1980, le disque « Bad girls » de 1981 définit l’avenir d’une époque avec « Hot Stuff », ou la chanteuse libère une énergie sexuelle teintée de proxénétisme (écouter le fameux « Bad girl, sad girl, I got what you want, you got what I need » de la chanson « Bad Girl »). Mais cela ne doit pas faire oublier les mix géniaux des fabuleux « I Feel Love » (à voir en Live s’il vous plait) ou « Sunset people ».

Les années 1980 portent lourdement préjudice à une grande chanteuse lâchée par Bellote et Moroder (fatigués par ses excès). Il faut pourtant tout écouter jusqu’en 1981 ! Une grande chanteuse est morte mais sa musique restera, comme le prouve les nombreuses (et parfois excellentes) reprises des ses morceaux, comme le « I Feel Love » des Red Hot Chili Peppers.

Merci à Donna Summer de nous rappeler que le Disco est à l’occasion une très bonne musique et pour donner ses lettres de noblesse aux dance floors du monde entier.

Bonne écoute à tous, et condoléances profondes. Las Vegas, où la diva déchue payait sa retraite, a probablement perdu une de ses meilleurs voix, sensuelle et énergique.

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