Bibliothèque. Reinhardt aux mains d’argent.


Par Sodaetgomorrhe et Jimmyjanga

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« Le problème, avec les manouches… c’est qu’ils bouffent les hérissons. »

Mes petits lapins, nous allons ici vous parler d’une biographie de Django Reinhardt, écrite par un hérisson. Non, ce n’est pas une blague.

En effet, une bien belle bande-dessinée dépeint la vie torturée de ce génial guitariste, souffrant pourtant du fait d’être amputé de deux doigts, mais aussi d’être né en Belgique. Le titre de cet article fait d’ailleurs référence au talent de Django à la guitare, mais aussi à cette perte de plusieurs doigts suite à une terrible brûlure, le reste de sa main ayant été sauvée par un traitement au nitrate d’argent. Référence de mauvais goût, certes, mais culturelle quand même. Dans ce premier volume, Sfar et Oubrerie s’attachent à dépeindre la jeunesse de canaille de Django. Ce dernier, aux origines avérées de voleur de poules, y est logiquement représenté en renard.

J’ose espérer que vous ne confondrez pas ce Django à un autre… Bien que les deux pètent la classe, c’est un Fett avéré. J’admettrais que vous réfutiez que la confusion est aisée, ces personnages étant tous deux portés sur les Solo. Traitez-moi de benêt ou d’Han, je m’en balance.

Django a-t-il d’ailleurs jamais eu à en faire des solos ?

Sans doute que non, vu qu’il jouait de la guitare acoustique, ignare.

photo 4Ah, je vous signale que je co-écris cet article avec un artiste Belge des plus charmants, dont j’ai souligné les interventions en gras, faisant ainsi écho à son style lourd et épais, mais aussi à ses doigts naturellement gras d’huile de frites. On les frit dans de la graisse de bœuf, pour ta gouverne. Voici d’ailleurs l’arrivée de la caution culturelle de cet article, la culture gouvernant ici ce blog, depuis les huit refus successifs de la proprio sur un article traitant du charisme des pectoraux de Liam Neeson. Voici donc des explications éclairées sur l’art technique de Reinhardt.

Euh ouais. Un fait est particulièrement bien retranscrit dans cette bande-dessinée : c’est la capacité qu’avait Django à s’approprier tout ce qui lui passait sous la main. En bon manouche, il s’est fait virtuose de la cambriole musicale.

Tant pis pour la caution culturelle…

Où en étais-je ? Ah oui, la représentation zoomorphe de Django et de ses comparses, la tendresse du récit, la retranscription de l’ambiance du début du XXe siècle, les déboires d’un hérisson cardiaque, tout çaaaaa… Bien foutraque, cet article, n’est-ce pas ? Et bien c’est fait exprès, figurez-vous, vils critiques impatients que vous êtes ! Eh oui, l’article est à l’image de cette bd : bordélique, décalée, déstabilisante parfois, comme lors des quatre pages centrales, sur fond blanc, entièrement couvertes de moments semblables à celui-ci :

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Le dessin ne m’enchante pas particulièrement, mais possède un certain charme qui saura émouvoir les moins critiques d’entre nous. Et bien que des libertés soient prises par rapport à la véritable histoire et les dires des protagonistes, évidemment parfois inventés, cet ouvrage à pour mérite de souligner certains faits qui tombent dans l’oubli.

Justement, cette bd n’oublie pas les personnages cruciaux dans la vie de Django. Ainsi, on peut noter la très belle apparition du violoniste Stéphane Grappelli, virtuose du violon et comparse de Reinhardt. Ici transformé en orang-outan franco-italien, il nous parle de moutarde et de musique, mais aussi du fait que Django n’était pas un virtuose du jazz dès sa prime jeunesse. Django ne s’est pas fait le représentant du style manouche sans raison : il s’est approprié le répertoire traditionnel mais y a apporté énormément de ses propres rérences (classiques, chanson populaire française et même musique afro-américaine).

 photo 2

Les petits fous intéressés par la vie du vrai Django (pas celui de Tarantino) pourront se lire une des nombreuses biographies rédigées sur le maître, taper « podcast trop swag sur Rain Art » ou encore aller discuter avec un de ses nombreux fils illégitimes (la plupart guitaristes jammant régulièrement au Caveau de la Huchette). Mais comme l’art d’un homme surpassera toujours sa vie, nous vous recommandons surtout d’écouter les enregistrements du Quintette du Hot Club de France. Non seulement ça passe bien dans les soirées dégustation de vin et fromage… mais en plus ça prouvera à vos invités que vous connaissez autre chose que de la bossa nova et qu’ainsi vous avez possiblement une âme.

 

Pour les adeptes du 7eme art, nous vous conseillons Sukiyaki Western Django, de Takashi Miike. Pour ceux qui apprécient le cinéma sans pour autant se palucher devant les œuvres de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, nous vous conseillons Accords et désaccords de Woody Allen. Oui, le premier film se passe au Japon et n’a rien à voir avec cet article, si ce n’est le nom…et le second traite d’Emmet Ray, guitariste de jazz fictif qui croise pendant une seconde quinze Django Reinhardt. Mais nous vous avions dit que l’article serait foutraque. Loin d’avoir le génie, nous persévérons à avoir ce grain de folie qui le caractérise…

En attendant l’arrivée imminente du tome 2, tranquillement allongé sur notre début de dune de folie, vous pouvez vous plongez dans le tome 1, disponible dans toutes les bonnes librairies.

Et à la fnac aussi.

Au fait, t’as pas dû renoncer à la commande de ta PS4 via la fnac pour payer le loyer ?

Si. Et ça n’a pas suffit. Merci d’ailleurs pour ta contribution au loyer.

J’ai contribué au paiement de ton loyer ?

De toute façon, le fait d’avoir autant de doigts et de continuer à jouer plus mal qu’un manouche moustachu éclopé prouve bien que tu ne te servais pas tant que ça de ta guitare…

  • JEANGOT
  • Volume 1 – Renard Manouche.
  • Par : Clément Oubrerie, Joann Sfar.
  • Éditions Gallimard.
  • 14.50 €

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