Critique d’expo: Masculin/Masculin au Musée d’Orsay


Par ZADIGGIDAZ

Affiche-Expo-ORSAY-MASCULIN-MASCULIN-

En me renseignant quelque peu sur l’exposition Masculin/masculin qui allait avoir lieu au Musée d’Orsay du 24 septembre 2013 au 2 janvier 2014, j’ai immédiatement pensé aux bourgeois des temps anciens qui s’émoustillaient devant trois bouts de chaire dénudée dans une peinture ou devant un marbre un peu trop naturaliste à leur goût. « Allez, prenons-nous pour des bourgeois du XVIIIe et allons nous rincer l’œil au musée d’Orsay ! » ai-je même lancé en plaisantant aux colocs la semaine dernière. Soda&Gomorrhe avait même prévu de s’y rendre nu, mais un concurrent a volé son idée…

Au départ, j’ai pensé : « Excellente initiative que de présenter une exposition sur le nu masculin, grand laissé pour compte de l’histoire de l’art mais pourtant omniprésent ». En effet, si de nombreuses expos, émissions et articles ont déjà été consacrées à la nudité de la gente féminine –assez redondante en Histoire de l’art – il est vrai que l’on a peu fait état de la nudité masculine jusqu’à aujourd’hui… Ce manque aurait pu être ici comblé puisqu’une flopée de peintures, sculptures, photographies et dessins a été réunie pour l’occasion, retraçant ainsi l’évolution du nu masculin de 1800 à nos jours.

Outre la première partie faisant état de la nudité masculine dans la peinture académique – quelque peu ennuyeuse d’ailleurs, mais parfait prétexte pour accompagner votre grand mère et satisfaire vos idées lubriques sous bonne couverture – l’exposition devient intéressante lorsqu’on sent que la représentation du mâle est plus assumée et non qu’elle se cache derrière quelques canons antiques et autres allégories douteuses. Oui messieurs, n’ayons crainte de représenter le mâle, qu’il soit l’objet de fantasmes, d’interrogations ou d’expérimentations techniques et graphiques, pourvu que notre art soit plus sensible !

Adieu corps huilés et idéalisés, place aux autoportraits tourmentés de Schiele ou aux croquis de Jean Cocteau. Finis les nus à l’antique et les allégories contorsionnées, place à la crudité de la photographie naturaliste et aux fantasmes picturaux de Paul Cadmus, plus réalistes et finalement plus compréhensibles que ces nus grotesques à l’antique.

Paul Cadmus, Finistère, 1952

Paul Cadmus, Finistère, 1952

 Pourtant, malgré l’omniprésence des œuvres de Pierre & Gilles, artistes ouvertement homosexuels, et la présence de certaines œuvres plus « assumées », le Musée d’Orsay ne semble pas pour autant déployer de véritable propos sur l’évolution des mœurs et la question de l’homosexualité, éléments pourtant cruciaux dans l’évolution de la représentation de la nudité masculine. De cette manière, la nudité masculine dont il est question ici, n’est finalement qu’un prétexte pour présenter ces œuvres, sans réelle argumentation autour. Il est fort dommage d’avoir à déploré un manque de contenu lorsque l’on a une matière aussi importante que celle qui est présentée ici.

Peut être que le Musée d’Orsay, 3ème musée le plus visité en France derrière le Louvre et Pompidou, a eu peur de faire polémique en ayant un discours trop affirmé… Ou peut être sont-ce les évènements récents qui l’ont refroidi… En tout cas, si le sujet de l’exposition n’est finalement qu’un prétexte, alors prétextons la (re)découverte de chefs d’œuvre inestimés… et surtout, soyons francs, ça ne fait jamais de mal de se faire du bien…

En bonus :

–       La vidéo du monsieur tout nu au vernissage :

–       La vidéo kitchouille de présentation, tradition du musée d’Orsay :

–       Le propos de l’exposition dans son intégralité sur le site d’Orsay :

http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/au-musee-dorsay/presentation-detaillee/article/masculin-masculin-37292.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=45fdb5b13d

Une réponse à “Critique d’expo: Masculin/Masculin au Musée d’Orsay

  1. Très cher coloc’, merci d’avoir pensé à moi pour le rôle de l’exhibitionniste, cela me va droit au cœur. Néanmoins toutes ces chairs nues ont l’air d’avoir émoustillé tes sens plus que de raison : ligne quatre, je lis, (oh, horrrrrrrreur !) « chaire » en lieu et place de « chaire ». Dites-moi tout : vous fantasmez sur les hommes d’Eglise ou est-ce une maladresse orthographique ? Je penche pour la première hypothèse…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s