Bibliothèque: Franny et Zooey de J.D. Salinger


Par Imthefridge

Franny et Zooey
Une fois n’est pas coutume, votre fidèle frigo anti-frigide se coltine un bouquin, et même un bon bouquin ! Et pourquoi me direz-vous, pas une dissection de CD, un coup de gueule contre les différents tubes (de crème) de l’été, un pamphlet contre le fric, le traf-fric de drogues et la corruption au Nicaragua ?

Parce qu’au fond, vous comme moi savez qu’il n’y a rien de plus désagréable qu’une leçon de morale au sortir des vacances. On a bien profité du soleil, des bouffes en famille, bien agrémenté vos soirées de mélanges d’alcools démoniaques, bien laissé tombé la gym suédoise et la zumba au profit de sordides parties de jambes en l’air dans les WC des avions ou dans la piscine de Tonton Albert !
Ça y est, le corps des Français est repu de satisfactions matérielles, revenons, à une hygiène de vie, à une morale, quasi religieuse, stricte, et néanmoins sévère, digne de Christine Boudin : LISEZ, bon sang de bonsoir ! (certains se font payer à la ligne, ou au mot, moi, c’est la virgule qui est mon gagne-pain, pour toute réclamation, adressez-vous à la proprio !)

Fini les mots croisées pour suricates consanguins qu’on retrouve dans « Cosmopoilitain », fini les horoscopes qui insultent le peu de bon sens qu’il reste à un papillon de nuit collé à sa lampe, on veut de la vraie spiritualité, de la vraie divination, de vraies larmes, de vrais drames.

Salinger, connu pour L’Attrape-cœurs (traduction ô combien fidèle et réussie du titre original : The Catcher in the Rye), n’a pas laissé qu’un livre victime de son succès, mais plusieurs autres, victimes du succès de ce dernier.

Si c’est l’A.C. qui est resté dans les mémoires (il est sordidement surnommé :  » le livre préféré des psychopathes »), il demeure moins abouti que Franny et Zooey, fragment de vie de deux frère et sœur appartenant à une fratrie de sept enfants, surdoués de leur état, dans l’Amérique des années 60. Franny, jeune étudiante en littérature, réalise que le monde dans lequel elle vit est une construction d’égos, celui de ses professeurs, celui de son petit ami, de ses amies … Elle trouve refuge, physiquement, chez ses parents, et spirituellement, dans « la prière à Jésus », litanie qui est censée apporter l’éveil spirituel, la révélation, à celui qui la répète suffisamment pour qu’elle devienne automatique. Zooey, son frère, va employer mille et un stratagème pour percer le mystère qui entoure ce soudain besoin de spiritualité. On en apprend beaucoup sur les philosophies religieuses, orientales et occidentales, ainsi que sur l’histoire des Glass (la famille de F et Z, qui a connu plus d’une tragédie entre les sept enfants).

JD-Salinger-007Ça y est, moi aussi j’ai eu droit à ma pause « Cosmo », je vous ai servi un petit résumé bien gentil, bien intello-bobo-populo-trop-c’est-trop ! Sérieusement, on aurait dit la quatrième de couverture d’un « Club des 5″… Voilà qui devrait vous faire plus envie : Salinger a vécu reclus pendant 50 ans, il buvait sa propre urine dans le cadre de cérémonies « magiques », il était un fervent adepte de toutes les sectes trouvables dans le taoïsme, l’hindouisme, il était même membre d’une secte au sein de l’église de la scientologie ! Elle est pas belle la vie ? Bref, ce livre est l’œuvre d’un allumé du bocal, mais bon Dieu que ça fait du bien de lire ça après Marc Lévy!

Et puisqu’on parle de lui, place à la minute pub-pop-people  :

« Plus hipsters que les hipsters? Lisez Salinger, mais pas l’AC, trop mainstream, lisez Franny et Zooey. »

« Franny et Zooey, signe extérieur de beauté intérieure. »

« Franny et Zooey, pour nous, les hommes. Et les femmes. Et les handicapés. Et les travelos. Et les noirs. »

Tout ça pour dire que ce livre dépote, dépoussière voire ouvre carrément votre culture spirituelle et votre approche de l’humain et du relationnel (pour ceux que ça intéresse encore, blindés de communication virtuelle que nous sommes).

Tenez, l’autre jour, Soda et moi jouions gaiement à nous assassiner l’un l’autre à Fifa XIIIème du nom, et après une victoire particulièrement injuste de ce dernier (10 tirs cadrés et 0 buts de mon côté, 1 tir, 1 tir cadré, 1 but pour le compte de ce gredin) j’étais en droit de porter plainte. Ou pire. Et bien, grâce à ma nouvelle approche de l’humain, plutôt que de lui arracher les ongles à l’aide de tenailles, je suis rentré passer le bonjour à mon animal-totem dans mon jardin intérieur. J’ai repensé aux enfants soldats, au traf-fric de drogues et à la corruption au Nicaragua, j’ai relativisé et me suis contenté de lui envoyer cette réplique cinglante : Soda, tu es un ghomme-mort !

Une réponse à “Bibliothèque: Franny et Zooey de J.D. Salinger

  1. Est-ce ma faute si tu fais des passes à mon goal ?
    Pour rappel t’avais le Brésil. Tel que je les connais, je pense qu’ils samba taient les couilles de ce match, préférant Salinger à plat ventre sur la pelouse pour se snifer la ligne médiane.

    Et y’a eu 2-0. 🙂

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