Au bout du… conte ?


 Par Schmilblicq

 

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Notre coloc’ Flocon, dont la peau est blanche comme la neige, les lèvres rouges comme une rose, et les cheveux noirs comme l’ébène – c’est presque ça – s’est mise en tête de trouver son prince charmant. Ce musicien qu’est notre coloc’ Thefridge (car maintenant, vous êtes tous devenus les groupies de ses concerts) s’est épris de la belle en détresse sans savoir que les Clefs Relle est son admiratrice secrète. Mais la princesse, ne peut certes pas résister au charme ténébreux de notre Zadiggidaz, sans compter que ce « loup » n’est autre que le producteur qui tient notre « Prince charmant » entre ses griffes, lui donnant l’occasion musicale de sa vie. Là dessus, les conseils de notre proprio, et metteur en scène de cette révision féérique, n’y peuvent rien…

 

Au bout du conte, voilà ce que ça donne.

La princesse endosse tantôt la robe de Blanche Neige, celle de la femme de Barbe Bleu, de la Belle au Bois Dormant, ou encore, du Petit Chaperon Rouge. Tout cela est dressé dans un monde bien contemporain et bien parisien. Y a-t-il seulement la mise en valeur du passage de l’enfance à l’âge adulte à travers la recherche du prince charmant par notre héroïne, interprétée par Agathe Bonitzer ? Le duo Jaoui-Bacri revient, quatre ans après Parlez-moi de la pluie, avec une mise en forme enchantée, pour un fond paradoxalement on ne peut plus réel. Le tout bien remué présente des références plutôt légères aux contes. La « princesse » rencontre son « Cendrillon » lors d’une soirée d’étudiants, mais celui-ci s’évapore minuit sonnant, ne laissant pour seul indice qu’une chaussure. Il sera bientôt retrouvé pour le meilleur et surtout… pour le pire. Car notre jeune héroïne, toute de rouge vêtue, rencontre au détour d’un sentier, un Benjamin Biolay, bien séduisant ma foi, en costume noir, et pourvu du nom peu fin de Wolf.

 

 

Bref, une façon d’en dire un peu trop sur les personnages. Les contes s’enchaînent pêle-mêle dans le film et arrivent comme un cheveu sur la soupe. Une dimension assez inexploitée dans sa profondeur, dont le seul avantage est de donner une forme et un rythme surprenants. Le film en demeure plus abordable pour les plus jeunes, car il y en a dans la salle, mais maladroit dans l’introduction d’une dimension enfantine à un monde adulte complexe. Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri se servent de la fin du typique du conte et déroulent leur film pour finalement, en revenir au début. Le schéma traditionnelle des contes que l’on connaît est renversé. Au lieu de voir cette pauvre princesse bousculée par le destin, et tourmentée jusqu’à ce qu’elle soit délivrée par le Prince Charmant, c’est d’abord celui-ci qu’elle rencontre, avant une descente progressive, qui la laissera telle Cendrillon dans la chanson de Téléphone.

 

 

On ne peut pas anticiper les scènes, encore moins la chute. Le scénario Jaoui/Bacri reste le point fort, car on n’en décroche pas. Il revient sur des grandes idées des classes sociales, des relations de couple et de la famille. Il nous faut presque la moitié du film avant de véritablement cerner les liens entre chaque personnage et la nature des relations. Les jeunes acteurs en ressortent plutôt niais et influençables, mais la grande force du film se trouve dans les seconds rôles, avec le charisme de Benjamin Biolay dans son rôle de « Grand Méchant Loup » et l’incontournable duo à l’écran, dont les textes et l’humour sont, eux, de véritables enchantements. Les scènes qui les rassemblent nous régalent, et servent de point d’accroche entre le l’esprit fantastique et le parti réel.

 

Au bout du compte, nous avons là un film qui reste très agréable à regarder, et ce d’un bout à l’autre de ses 1h52, mais dont les éléments narratifs, trop nombreux, empêchent un ensemble véritablement cohérent et poussé de l’idée principale.

 

Une réponse à “Au bout du… conte ?

  1. Je tiens à dire que, tout en reconnaissant l’immense talent du Fridge, mes véritables idoles sont Soda&Gomorrhe et son acolyte cinéphile qui ont osé tomber la chemise au dernier concert avant d’être malheureusement arrêtés dans leur geste par les autorités en présence.
    La liberté d’expression n’est plus ce qu’elle était en fin de compte…

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