Dalì « de Gala » au Centre Pompidou


 Par Zadiggidaz

 Dali

Après avoir bravé la pluie, le vent, la neige, affronté la queue, les heures d’attente et l’interminable station debout, l’équipe d’Être App’ art a finalement réussi à pénétrer au sein de la sacrosainte exposition Dalí. Evènement majeur depuis la fin d’année 2012, une des plus grande rétrospective du peintre espagnol qui se tient encore jusqu’au 24 mars 2013 au Centre Pompidou avant de rejoindre le Museo Reina Sofía de Madrid courant avril.

En organisant la plus grande rétrospective de Dalí jamais réalisée depuis 79, le Centre Pompidou réussi la prouesse de réunir les plus grand chefs d’œuvre du peintre pour en  retracer la prolixe carrière ; de la Residencia de Estudiantes où il étudia les beaux arts aux côtés de García Lorca et Buñuel, en passant par sa période surréaliste, jusqu’ à ses nombreux séjours à Paris, entre les années 60 et 80,  où il s’initia à l’art de la performance.

Salvador Dalí, La persistance de la mémoire, 1931

Salvador Dalí, La persistance de la mémoire, 1931

Découpée de manière chrono-thématique, l’exposition organisée en six chapitres, décrit l’évolution du peintre à travers ses plus grands chefs d’œuvres. On y retrouve la fameuse Persistance de la mémoire (plus connu sous le nom de « montres molles »), Le spectre du sex-appeal ou encore, La tentation de Saint Antoine mais également, ses croquis, études et réalisations les plus méconnues, notamment les portraits familiaux de ses débuts, ou les compositions quasi cubistes qu’il réalisa pendant ses études.

Salvador Dal, La tentation de Saint Antoine, 1946

Salvador Dal, La tentation de Saint Antoine, 1946

Mais l’intérêt de l’exposition réside surtout dans le fait qu’elle met l’accent sur les aspects les plus méconnus du peintre, à la fois sculpteur, plasticien et metteur en scène. On retiendra d’ailleurs les quelques sculptures présentées, quasi anecdotiques dans la carrière du peintre, mais aussi son interaction avec le monde du théâtre, notamment lorsqu’il crée le Teatro-museo de Figueres. Théâtralité qui le conduit à mettre en scène son propre personnage à travers les performances qu’il réalise à la fin de sa carrière et qui sont d’ailleurs l’objet de la fin de l’exposition. Méconnues, ces dernières nous éclairent sur la personnalité complexe et perturbée du peintre, le plaçant ainsi en précurseur jusqu’à la toute fin de sa carrière.

Artiste polymorphe, Salvador Dalí s’est aussi illustré par sa polyvalence et sa perméabilité au sein des grands courants artistiques du XXème siècle. Du Cubisme à l’Expressionisme abstrait en passant par le Surréalisme, le peintre s’est inspiré de nombreuses formes d’art,  et chaque aspect de sa production si importante semble avoir été abordé à travers cette exposition.

Quelques bémols pourtant, car il est à regretter qu’un peintre de cette ampleur, dont on sait que la personnalité fut fort atypique, n’ait pas bénéficié d’une scénographie plus originale. Sans doute parce qu’il fait désormais partie du Panthéon des peintres fameux. L’accession à ce rang conduit-elle nécessairement à plus de sérieux ? Il est fort à parier que s’il avait été encore vivant, comme lors de la précédente exposition en 78, cette exposition aurait été vue sous un œil plus « dalinien ». Enfin cela ne remet en rien en cause la qualité des œuvres exposées mais, peut-on parler de la qualité d’une exposition sans parler de « mise en scène » ?

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