En vadrouille: Au delà du noir. Pierre Soulages.


 Par Flocons

« Un jour de janvier 1979, je peignais et la couleur noire avait envahi la toile. » Le noir, la seule couleur ou non-couleur justement, restera alors toujours sur cette toile pour devenir l’essence du travail de Pierre Soulages.

Pierre Soulages décline depuis le début de sa carrière artistique dans les années 1940 le noir sous tous ses aspects. Il commence avec ce qu’il appelle ses « brou de noix », technique qui lui fournit un noir plus proche du brun.  

"Brou de noix"

« Brou de noix »

C’est en 1979 que l’artiste inaugure avec une toile entièrement recouverte de noir un nouveau type de tableau, auquel il donnera le nom d’outrenoir en 1990. Il n’y a pas besoin d’en savoir beaucoup plus sur Soulages pour faire l’expérience de ses tableaux. Oui, c’est une expérience, déroutante, surprenante.  L’artiste refusant que ses tableaux soient reproduits, il faut se déplacer pour ressentir la puissance que dégagent les œuvres de Pierre Soulages. Vous n’aurez pas à aller très loin ce mois-ci puisqu’il est exposé au musée des Beaux-Arts de Lyon dans le cadre de l’acquisition de trois de ses œuvres par le musée. On ne peut pas parler de rétrospective pour cette exposition, plutôt de panorama des multiples recherches de l’artiste autour du noir.  Regardez ce tableau :

 Soulages-1_image-gauche

Alors ? Restez devant un moment, laissez-vous imprégner de l’atmosphère. Pas besoin de mots pour expliquer une œuvre pareille. Il suffit d’observer les différentes textures de noir, les nuances, un paysage se dessinerait presque sous nos yeux en regardant assez longtemps.

Soulages est plus un peintre de la modernité qu’un peintre contemporain proprement dit. Il rencontre Hans Hartung en 1947 et se lie d’amitié avec lui. En 1957, il se rend à New York où il est invité dans l’atelier de nombreux artistes dont Rothko et cela n’a rien d’étonnant. Des grands carrés de couleur que peint Rothko, on retrouve des traces dans le noir de Soulages. Pas dans la couleur mais dans le fait que Rothko voulait que le spectateur fasse l’expérience de l’œuvre. Duchamp l’affirmera aussi : c’est le spectateur qui fait l’œuvre. Soulages est dans la droite ligne de tout cet héritage. C’est aussi un peintre qui n’a jamais été figuratif avant de passer à l’abstraction et c’est assez rare pour le souligner. Il voit dans le noir et le blanc tout ce qu’il ne pourrait pas peindre en faisant des paysages ou des motifs figuratifs. Tout le paysage est dans son blanc.

Dépêchez-vous, l’exposition finit le 28 janvier !

Soulages, XXIe siècle, musée des Beaux-Arts de Lyon, du 12/10/2012 au 28/01/2013 :

 

3 réponses à “En vadrouille: Au delà du noir. Pierre Soulages.

  1. Ses entretiens avec le médiéviste Jacques Le Goff à propos des vitraux de Conques, édités par Le Pérégrinateur éditeur, montrent que le noir n’est pas la totalité de son oeuvre

  2. Oui, en effet, je n’ai pas parlé de sa production de vitraux pour l’abbaye de Conques mais l’intérêt de cet article est de mettre en avant sa création principale de tableaux utilisant le noir. Dans certains de ses derniers tableaux, il utilise même du bleu très foncé et du violet ainsi que du blanc, Donc en effet, le noir est loin d’être la totalité de son oeuvre mais cela en est l’essence.

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