Bibliothèque: Disiz, le Retour du Roi


Par Imthefridge

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Le Rap français a beaucoup d’ambassadeurs, pour la plupart en-bas-ça-dors plus que ça ne réveille les consciences. C’est vrai quoi, le principe du R.A.P, c’est d’abord Rythm And Poetry, mais il semble que ces deux domaines aient été laissés de côté pour faire de la soupe vocodée… Je vous laisse apprécier. (Si vous vous trouvez dans un lieu public cependant, baissez le volume. Si vous vous trouvez près d’une corde, d’un couteau de cuisine, d’un objet contondant, ou d’une fenêtre, éloignez-vous en, on me tiendrait pour responsable. Ndr)

Voilà la bête à abattre. (Ou était-ce le bête à battre ?)

Trop longtemps absent, Disiz (aka La Peste, Sérigne M’Baye Gueye, Peter Punk,…) s’est d’abord fait connaître par un single basé sur le film « Chute Libre » somme toute cliché : J’pète les plombs (2000), des insultes, un homme en colère, jusque là rien de bien folichon. Là où ça devient intéressant, c’est en 2004 avec Itinéraire d’un enfant bronzé, il enregistre un album au Sénégal, son pays d’origine. Arrangement originaux, engagement et métissage rap-musiques africaines sont les maîtres-mots d’un album réussi. En 2009 Disiz raccroche les gants de boxe avec Disiz the End, écœuré par l’ambiance fin de règne qui sévit dans le milieu du rap. Il se lance dans d’autres univers musicaux (pop, rock,…) et devient Peter Punk.

Mais voilà, il ne restait plus beaucoup de vrais: « Mc », Oxmo Puccino, Medine, Shurik’n,… Et même s’ils étaient nombreux, ils n’auraient pas la visibilité d’un idiot en Ferrari qui se trimballe avec des dollars et des flingues sur lui. Heureusement, Disizorro est arrivé, sans se presser, il reprend le flambeau anti-flambeurs, kick dans la tronche des pseudo-artistes, et rediffuse un message de paix et d’authenticité qui manquait cruellement dans le Rap « populaire ».

Voilà, quelques phrases, et il remet tout le monde à sa place. Ha bon dieu que ça fait du bien ! Je pense qu’on est reparti pour un tour !

Au delà de sa critique de la société, le rap de Disiz pose les bonnes questions : qu’est-ce qu’être heureux ? Qu’est-ce qu’un artiste intègre ? Vanille ou chocolat au dessert ? Pourquoi se prendre au sérieux quand on a que du vent à proposer au public ?

Pour reprendre Oxmo Puccino, je dirai : « Le rap, une sous culture ? Mais quelle idée ! » On y trouve de belles choses, il suffit de chercher.

EP & Album Lucide et Extra-Lucide, chez tous les bons disquaires, et en téléchargement ici : https://itunes.apple.com/fr/album/extra-lucide/id566692230

2 réponses à “Bibliothèque: Disiz, le Retour du Roi

  1. Bonne analyse, c’est vrai qu’il reste peu de vrais rappeurs, je partage le dégoût pour Booba; C’est juste de dire qu’il pose les bonnes questions et surtout il redonne du sens au mot Poetry dans RAP avec ses textes ciselés.
    Ps: Merci pour le titre moins hermétique que d’habitude ce qui m’a donné envie de lire l’article.🙂

    • Haha, merci du commentaire ! Pour les titres, j’essaie justement de faire mieux que : « trucmuch sort un nouvel album », « expo sensationnelle à tel endroit », et si les titres sont parfois tarabiscotés, la plupart de mes articles sont faciles d’accès, à mon humble avis… Après, de là à dire qu’ils sont bons, ce n’est pas à moi de le faire. ^^

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