Bibliothèque: Robert Glasper, Mugicien


Par Imthefridge

Pourquoi ce titre me direz vous ? Alors tous à vos déclinaisons latines !

On peut décomposer le titre de cet article comme suit : Magicien+Musicien = Mugicien. Et pour une fois dans ce maelström de palabres que sont mes articles, mettons de l’ordre, on va se servir de ce double anagramme pour structurer et rationaliser le propos, trop souvent emporté par l’enthousiasme. « Rationaliser et organiser » sont en effet devenus les maîtres-mots de la Rédac’ depuis que l’App’art s’est récemment réuni pour mettre au point les lignes directrices de la rédaction, la forme, la longueur, la fréquence et le contenu des articles.

Plusieurs points positifs à cela : la Proprio va être contente, imaginez le plaisir qu’elle a à corriger des phrases interminables qui s’envolent dans tous les sens-avec-des-tirets-partout-que-ça-fait-joli-mais-que-c’est-chiant-à-taper le tout sans ponctuation car la ponctuation ce n’est pas importante d’ailleurs l’anarchie comme système d’écriture est tout à fait viable, mais l’inverse, n’est-il pas, est également, disons, envisageable, car, dans un cas, comme dans l’autre, l’important, c’est l’onanisme du clavier, d’ordinateur, si possible… (Je défie Soda&Gomorrhe, compagnon de galère de faire pire. Ha ha !)

Mais revenons à Robert, Bob pour vous, qui allez devenir intimes.

Tout d’abord, Robert est Musicien : passé par le Jazz, il ne jure d’abord que par sa forme la plus exigeante pour les musiciens, le Trio (Contrebasse, Batterie, Piano), formation avec laquelle il danse sur son clavier, mais pas comme n’importe quel virtuose, c’est un vrai dialogue entre artistes, pas un étalage de notes sans raison d’être.

Et il s’en sort plutôt bien, le bougre, mélodies raffinées, arrangements léchés, ça groove, c’est de la bonne.

Comme tout Magicien qui se respecte, le garçon a plus d’un tour dans son sac : prestidigitateur, il l’est, et il accède au monde du Hip-Hop, aussi facilement qu’un politicien véreux accède aux plus hautes fonctions de l’Etat, tout en côtoyant et accompagnant les plus grands (J Dilla, Mos Def, Q-tip,…). C’est le 28 février 2012 que la consécration eu lieu avec la sortie de Black Radio. Classé dans le top 10 des ventes d’albums Hip-Hop aux USA pendant plus de deux mois, il a eu le temps de bien s’ancrer dans les esprits curieux, attirés par des featurings prometteurs (Erykah Badu, Lalah Hattaway, Bilal, Lupe Fiasco, Mos Def,…) et un artwork intéressant.

Robert fait partie des « Grands », qui ont fait sauter avec succès les frontières musicales à grands coups de doubles croches et de BPM. Quitte à bouder le monde du Jazz traditionnel (ou à ce que celui-ci ne boude Bob ?), on le voit tout de même produire et monter sur scène de façon sporadique avec quelques étoiles montantes du Jazz (Lionel Loueke, Gretchen Parlato,…). Mais peu importe ses choix musicaux, on peut lui faire confiance pour nous surprendre et ne pas se reposer sur ses lauriers !

« Ô ondes soniques fades et étriquées,

Ô mystères du show-biz trop aisé

Ô artistes rébarbatifs et froids,

Pour vous Robert sonne le glas,

                [Se perd

dans l’océan ocre

de vos étrons médiocres ! »

E-pître du Fridge, VII, 8-12

Pour en découvrir plus :

  • In my Element (2007, Blue Note Records)
  • Black Radio (2012, Blue Note Records)

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