Voici Paris. Modernités photographiques 1920-1950


 Par Lola LBL

© Lola LBL

Voici Paris est l’occasion choisie par Quentin Bajac (directeur de département de photographies au Centre Georges Pompidou) et Clément Chéroux (conservateur de la photographie) pour présenter les nouvelles acquisitions du musée: 7 000 tirages d’époque réunis par l’historien Christian Bouqueret. Spécialiste de l’entre-deux-guerres, curieux de tous les aspects traités par la photographie, ce dernier a voulu mettre cette collection entre les mains d’une institution française capable de la conserver et de la poursuivre puisqu’il la dit « complète […] mais non terminée ».

Les commissaires ont voulu présenter la collection et donner une idée de l’activité photographique à Paris entre 1920 et 1950. Dans l’exposition, 300 tirages en cinq sections thématiques: inventions formelles de la Nouvelle Vision, surréalisme, documentaire et réalités sociales, essor de la presse ou du livre, résurgence néoclassique, le tout dans le but de souligner la vision moderniste du médium photographique dans le milieu artistique parisien. Vous rencontrerez, inscrits sous les tirages, de grands noms comme ceux de Brassaï, Henri Cartier-Bresson, André Steiner, Germaine Krull ou encore Laure Albin Guillot (cette dernière aura l’honneur d’une exposition au Jeu de Paume à partir du 26 février 2013).

L’exposition présente des pièces emblématiques et des clichés très intéressants pour cette période de la photographie. L’initiative s’en tient cependant à les montrer au public en faisant une sélection thématique. Cet éventail, même si cohérent et très clair, ne donne pas plus de grain à moudre au public. Vous en ressortirez peut-être avec quelques questions non résolues: comment cette collection s’est-elle constituée par exemple? Pourquoi ces artistes? Pourquoi ces clichés ? En effet, on regrette que cet aspect soit peu développé dans un certain nombre d’expositions (dont celle sur la collection de Michael Werner présentée en ce moment au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui est pourtant quantitativement plus importante que Voici Paris et aurait pu donner un espace plus conséquent à cette question). Il y a peut-être un début de réponse dans le catalogue à travers un entretien avec le collectionneur mais il faut visiblement avoir 39€ à dépenser pour la découvrir.

Pour cette exposition pensée pour un public averti, munissez-vous d’un guide passionné de photographie ou contentez-vous de déduire des clichés toute l’histoire de la prise de vue, comme ce couple dont la conversation mérite d’être retranscrite ici:

« C’est du surréalisme tout ça tu vois.

– Ah oui je vois, c’est loufoque quand même! Mais ils ont vraiment coupé un œil de quelqu’un pour la photo ? (Devant un tirage d’une image connue du film Un chien andalou de Luis Buñuel)

– Bin oui je crois, comment ils auraient fait sinon à l’époque … »

Ledit œil était celui d’un cochon récupéré à l’abattoir. De l’imagination en terme d’effets spéciaux dans les années 20 … mais c’est une autre histoire.

  • Voici Paris. Modernités photographiques 1920-1950
  • Du 17 octobre 2012 au 14 janvier 2013
  • Au Centre Georges Pompidou
  • Accès avec le billet musée (niveau 4): 13/10€
  • Twitter: #VoiciParis
Advertisements

Une réponse à “Voici Paris. Modernités photographiques 1920-1950

  1. Pingback: Adel Abdessemed : parlons-en! | Etre App'art·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s