Le Premier rendez-vous Chaillot nomade du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris


Par Flocons

C’est l’automne mais on a déjà l’impression d’être en hiver. Il fait -40 et nous grelottons. Une seule envie, des expos! Des expos! Je vous emmène aujourd’hui au MAMVP dans le cadre de Chaillot nomade.

J’ai débarqué dans cette soirée le jeudi 25 octobre me demandant ce qui m’attendait. Le principe de Chaillot nomade : exporter la danse dans des endroits insolites, faire dialoguer plusieurs formes artistiques. Je me retrouve dans une des salles de la nouvelle exposition du musée d’art moderne sur la collection Werner face à Daniel Dobbels. Né en 1947, il est danseur dans la compagnie de Susan Buirge et de celle de Christine Girard, mime et chorégraphe de formation. Il a été critique d’art au journal Libération, puis chroniqueur radio aux émissions Le Panorama (1987-1997) et Tout arrive (2003-2007) sur France Culture. Il a créé la revue de danse Empreintes en 1977. En 2000, il fonde sa compagnie de l’Entre-deux. Un parcours impressionnant tout comme l’homme en lui-même!

Dobbels commence à parler et tout s’arrête. Clair, concis, construit, son discours est passionnant! Le sujet importe peu finalement mais j’y viens quand même. La soirée est basée sur le texte d’Antonin Artaud : « le suicidé de la société ». Nous sommes dans une salle où sont exposées deux toiles de Baselitz ainsi qu’une de ses sculptures. Baselitz, artiste allemand exposé l’année dernière dans ce même musée, appartient à une génération de peintres allemands qui ont vécu leur enfance et leur adolescence dans les débris de la Seconde guerre mondiale, dans un pays qui a perdu la guerre et qui doit se reconstruire. Le lien de l’histoire de l’art a été rompu, comment peindre après les atrocités de la guerre? Baselitz mais aussi Polke, Richter, Kiefer ont élaboré un nouveau langage artistique chacun dans son domaine. Baselitz a choisi de peindre ses motifs à l’envers pour éliminer le contenu narratif et faire de la peinture pour elle-même. Ses tableaux restent cependant plein de sens et de douleur, comme des coups de poing. En résonance avec le texte d’Artaud, ils prennent une ampleur gigantesque.

Dobbels nous explique les différentes étapes du texte d’Artaud qui est très fort. Artaud parle beaucoup de coups, son texte est saccadé. Il évoque Van Gogh et sa manière de peindre et soutient la thèse qu’en essayant de traiter la soi-disant folie de Van Gogh, on lui a enlevé son génie. Artaud, un fou éclairé? Dense et poignant, son texte est riche de significations que Daniel Dobbels nous dévoile. Ce qui intéresse le chorégraphe est le rapport entre les corps, la manière dont nous appréhendons le nôtre. Dobbels s’arrête et un danseur de sa troupe prend sa place. Pendant 30 minutes, la voix caverneuse d’Artaud se fait entendre et le danseur bouge en mouvements saccadés devant les travaux de Baselitz. Toute la violence du texte résonne dans le corps du danseur qui se tord debout, puis au sol. Le texte prend enfin tout son sens.

Nous avons, ensuite, pu suivre Dobbels dans l’exposition alors qu’il commentait les différentes œuvres en expliquant son ressenti. J’en sors avide de revenir à des soirées Chaillot nomade si stimulante intellectuellement et visuellement.

Prochaine soirée Chaillot nomade dans le cadre des jeudis modernes au MAMVP le 22 novembre. Plus d’informations sur : http://mam.paris.fr/fr/evenement/jeudi-moderne

 et sur : http://theatre-chaillot.fr/les-territoires-de-la-perception#chaillotnomade

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