Manuel Álvarez Bravo. Un photographe aux aguets (1902-2002)


Par Lola LBL

Cela fait deux expositions décevantes de l’espace du Jeu de Paume. Après Eva Besnyö cet été, cette rentrée photographique n’est pas plus fructueuse du côté du jardin des Tuileries. La faute peut-être à un espace d’exposition réduit par l’installation au deuxième étage d’un restaurant « gastronomique ». Il n’y a pas ici de critique dirigée contre l’activité  culinaire, ni contre le mélange des genres, mais enfin, il faut bien passer au moins une paire d’heures à piétiner devant des cadres suspendus en se frayant un chemin entre les flux de visiteurs cherchant le sens du propos des commissaires d’exposition pour avoir l’idée de consommer son porte-monnaie sur une table design. Les expositions de l’ex Jeu de Paume n’étaient pourtant pas trop longues ni trop harassantes, ce qui aurait pu être une raison de ce changement d’organisation dans le bâtiment. Ont-il voulu copier l’organisation si efficace d’Être App’art dont toutes les pièces incitent à cultiver son jardin ? La question reste en suspens sur le porte-manteau de l’appartement pour qui veut y répondre.

L’exposition mérite tout de même un coup d’œil. Le Jeu de Paume s’est engagé dans un cycle d’expositions sur des artistes ayant participé de loin ou de près à l’indépendance /autonomie naissante de la photographie dans la première moitié du XXe siècle: Eva Besnyö, par sa participation aux cercles artistiques de la Nouvelle Vision notamment, Manuel Alvarez Bravo par sa participation à la vie artistique de son pays, le Mexique, au delà des mouvements dominants de son époque, et Laure Albin Guillot, photographe française, sera le sujet de la prochaine exposition à partir du 26 février 2013.

Les chapitres thématiques d’une exposition et leurs textes d’introduction sont un sujet de discussion et de débat que l’on n’a pas l’ambition de présenter de façon exhaustive ici. Cependant, cette exposition n’a pas trouvé le juste milieu entre les textes des expositions précédentes du Jeu de Paume, certes conséquents, et deux lignes mi poétiques mi généralistes qui nous laissent sur notre faim. Ce manque de contenu dans les explications aura sans doute pour effet de laisser certains dans la superficialité ou, pour votre serviteur, d’aller chercher dans le petit dépliant, le catalogue et les livres les plus divers, quelque chose à se mettre sous la dent. C’est alors qu’on peut discerner ce que le sous-titre de l’exposition, « Un artiste aux aguets », a à dire: la patience, la quiétude, les sujets fixes et inanimés ou le mouvement lent sont des pistes de travail de Manuel Alvarez Bravo. Cette métaphore de l’attente de l’image parfaite, qui va si bien au photographe, est montrée tout au long de l’exposition par l’influence de plusieurs courants dans les  débuts du photographe, par des aspects techniques (son activité cinématographique) ou encore par la poésie qu’il insufflera à son travail plus tardivement

En somme, une jolie découverte qui donne une base somme toute peu solide sur cet artiste intéressant.

  • Manuel Álvarez Bravo. Un photographe aux aguets (1902-2002)
  • Du 16 octobre 2012 au 20 janvier 2013
  • Au Jeu de Paume, place de la Concorde
  • Tarifs: 8,50/5,50€ Mardis jeunes: accès gratuit aux étudiants et moins de 26 ans le dernier mardi du mois de 17h à 21h.

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