Dans la maison de F.Ozon


Par Denis Dong

François Ozon est un réalisateur polymorphe et prolifique. Après un huis clos façon Cluedo au féminin (8 femmes), un remake tendu et machiavélique de La Piscine de Deray (Swimming Pool) ou encore une incursion décalée et enlevée dans l’univers ouvrier  (Potiche),  l’ancien petit prodige du cinéma français revient avec sa cuvée 2012.

Dans la maison nous conte l’histoire de Germain (interprété par le frénétique Fabrice Lucchini), un professeur de Français résigné face au manque d’intérêt flagrant qu’affichent ses classes pour la culture. Son malheur prend fin lorsqu’il rencontre Claude Garcia, interprété par l’étonnant Ernst Umhauer, un jeune élève surdoué avec les mots. Germain se prend d’affection pour le garçon et décide de le prendre sous son aile pour l’aider à développer son talent. Cependant, le talent de Claude ne peut s’exprimer que lorsqu’il s’introduit dans la maison de son camarade Rapha où il couche sur le papier ce qu’il voit et ce qu’il ressent à chaque fois qu’il côtoie cette famille terriblement ordinaire de la classe moyenne.

Dans la maison c’est avant tout une réflexion intelligente sur le pouvoir de la création, quelle soit littéraire ou cinématographique. Quelle confiance pouvons-nous avoir dans le narrateur ? Quel est le rôle du lecteur/spectateur ? Où se trouve la limite entre réalité et fiction ? La fin justifie-t-elle toujours les moyens ?

Grâce à une mise en scène d’une extrême minutie, d’un scénario d’une grande intelligence et d’acteurs au diapason, Dans la maison nous embarque dans cette intrigue à tiroirs où chaque nouvelle création de Claude sonne comme un pas de plus vers une fin tant redoutée. Tout au long du film, le spectateur se trouve tiraillé entre morale et voyeurisme, Ozon s’amusant volontiers à nous torturer. Après une première demi-heure un peu poussive de name-dropping qui ressemble un peu à la « Littérature pour les nuls », Dans la maison nousoffre une progression constante et tendue jusqu’à la fin. Sans aucun doute, Dans la maison représente le film le plus abouti du cinéaste, tant sur le fond que sur la forme. On en sort secoué, interloqué ou choqué mais on en demande encore !

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