Bibliothèque: Nick Drake


Par Imthefridge

Encore une fois, les britanniques nous prouvent leur supériorité dans le domaine de la cuistrerie. Non contents d’avoir un vivier d’artistes impressionnants (Led Zep, The Beatles, Rolling Stones, Queen, Jeff Beck, Newton Faulkner, John McLaughlin, Eric Burdon, Amy Winehouse, Alice Russell, pour ne citer que les moins anonymes), la perfide Albion se permet de laisser sur la touche pendant près de vingt ans Nick Drake, petit à petit redécouvert, mais connu du grand public seulement après cette pue-blicité pour « La voiture du Peuple », en allemand dans le texte.

Pour la petite histoire, le garçon meurt d’une « surdose » d’antidépresseurs, donc non, on ne pourra pas se faire dédicacer l’album virtuel que l’on achète sur Ithunes. D’ailleurs s’il s’est suicidé, c’est probablement en écoutant ses chansons, qui sont aussi bonnes que la gastronomie anglaise est infâme. Donc si vous êtes dans une mauvaise passe et que la vie vous semble grise, sans intérêt, ce qu’il vous faut pour mettre fin à toutes ces souffrances inutiles, c’est un après-midi de Nick Drake après un repas à base de sauce à la menthe.

Un garçon modèle, ce Drake, des études brillantes dans l’un des meilleurs lycée d’Angleterre, capitaine de l’équipe de rugby, il va ensuite aller dépenser l’argent de ses parents en Littérature Anglaise à Cambridge. Le hipster d’aujourd’hui dirait-on, mais le talent en plus. En effet, le garçon ne se contente pas de prendre des photos via Outstagram-pic-et-pic-et-collegram, ou de recycler de simples samples de chansons françaises. Il cherche un son, il crée des atmosphères, puisant certainement dans un répertoire classique (Ravel, Debussy,…), folk (Dylan, Leonard Cohen,…), et dans les paysages mornes des East Midlands.

La reconnaissance tardive est le lot de certains artistes, qui ne collent pas avec les standards de l’époque ou qui sentent bien qu’ils ont en eux-même un trop grand pouvoir pour une seule personne. Nick Drake était un prophète qui jouait depuis un univers parallèle, et que peu on su capter. Pendant l’Antiquité les prophètes en herbe avaient la vie facile : prêcher, se défoncer, prêcher, se défoncer à prêcher… Il y avait tellement de dieux que chacun avait le sien, et on pouvait quand même écouter les autres défendre leur dieu avant de se foutre sur la tronche non mais oh ! L’époque contemporaine voit beaucoup de ses prophètes incompris, nous n’avons plus que des religions qui se revendiquent d’un seul dieu, un seul message, quel ennui !

Car c’est bien du divin qui coule dans nos oreilles repentantes. Repentantes, elles le sont surtout après une séance de courses au supermarché où ne passent à la radio que des pseudo-stars, musicalement orthodoxes et bien-pensants. Absolument soporifiques.

Nick vou-Drake l’on questionne un peu plus le monde qui nous entoure, mais la flamme continue de brûler, ne perdons pas espoir.

http://vimeo.com/6841240

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