Si le néant pouvait se matérialiser, ce serait en Taken 2


Par Soda&Gomorrhe

 

Produite par Luc Besson, réalisateur moyen et magistral producteur de chiures sous-culturelles qui me donnent envie de me vomir dans la bouche, la daube du mois est incontestablement Taken 2, œuvre cinématographique débile mais paradoxalement  extrêmement bien pensée pour rafler un maximum de dollars en demandant le minimum au cerveau.

Mais pourquoi donc en parler, me diriez-vous ?

Ma première envie serait de répondre que c’est par pure malveillance. Mais après réflexion, j’aimerais en fait détailler les atouts de ce film afin de vous faire comprendre que derrière cette œuvre diabolique réside un certain génie. Un de ces génie qui vous fait comprendre qu’autant de talents gâchés dans une débauche de moyens, ça ne peut qu’être une démarche artistique subversive ayant pour but d’éveiller les consciences de ce monde. Ou alors je me fourre le doigt dans l’œil (un peu comme Liam Neeson le fait dans les yeux d’un albanais).

Mais quels talents me diriez-vous ?

Liam Neeson joue son rôle de Liam Neeson à la perfection, j’en ai déjà parlé par le passé, je ne m’étendrai donc pas sur le sujet. Un super papa qui brise de la clavicule et sauve le monde avec son accessoire viril et son couteau et ce, avec classe.

Le  »scénario » est écrit de façon talentueuse car:

il cristallise toutes les peurs du Texan moyen: la non-maîtrise des frontières, la faiblesse des alliés européens, la corruption des étrangers, la fourberie des islamistes.

  • il y a de l’action brouillonne et violente. On veut juste que ça cogne sans logique ni esthétique et ça tombe bien (un peu comme un albanais balancé du troisième étage). On veut même du cliché: le duel à mains nues entre le bourreau albanais et Liam Neeson sur un ring improvisé dans un hammam. Un match de catch au ciné, aussi peu crédible que convaincant.
  • il est ultra-simple à comprendre, vu qu’il réside dans le titre: l’ex-femme de Liam Neeson a été  »Taken » (enlevée) il doit donc la retrouver (un peu comme un albanais qui doit retrouver sa mâchoire après avoir croisé Liam Neeson). Le spectateur moyen ne sera donc pas trop déstabilisé et ira même jusqu’à flatter son intelligence en fin de séance.
  • il est moraliste: Liam Neeson essaye de pardonner à son ennemi car c’est un bon chrétien américain, mais le vilain étranger musulman ment donc Liam Neeson le tue en… l’accrochant à un porte-manteau par le cœur.
  • tous peuvent s’identifier et s’intéresser à un moment du film: les jeunes mâles à Liam Neeson lors des scènes d’action ratées, les vieux mâles à Liam Neeson lorsqu’il a des accès de démence paternaliste, les jeunes femelles à la fille débrouillarde de Liam Neeson, qui se mue de victime en une aventurière sexy et les vieilles femelles à l’ex-femme de Liam Neeson lors de ce que le réalisateur croit être des scènes romantiques. Mon résumé est limité, schématique et stupide. Il colle donc parfaitement au film (un peu comme les morceaux de cervelle d’un albanais colle superbement au papier peint).

Ce qui me terrifie le plus dans cette histoire, ce n’est pas le probant problème sous-culturel du film en soi, ce ne sont pas les clichés à la limite du racisme, ce n’est pas le fait que j’ai déjà une rancune personnelle envers le réalisateur Olivier Megaton qui a livré une interprétation d’Hitman aussi pertinente et fine qu’une branlette dans un mixer, ce n’est pas le fait que le réalisateur en fasse des mégatonnes très brouillonnes (ah ah…), ce n’est pas que j’ai déjà vu dix fois ce film depuis les années quatre-vingt-dix, ce n’est pas la pauvreté des dialogues… Non.

Mon problème, avec ce film, c’est le succès qu’il rencontre.

Car tout ce talent a rencontré son public avec joie (un peu comme la glotte d’un albanais rencontre le poing de Liam Neeson avec délectation) et en moins d’une semaine, Taken 2 a déjà fait 55 millions de dollars rien qu’au box-office américain, alors qu’on estime la production à 40 millions de dollars. En France on a déjà dépassé de loin la barre des 1 millions de spectateurs. C’est donc un succès extraordinaire pour un film français, à la fois mièvre et bourrin, qui dépassera sans doute les 2 millions d’entrées.

Cocorico vive la France.

3 réponses à “Si le néant pouvait se matérialiser, ce serait en Taken 2

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