Turbulences physico-artistiques à l’espace culturel Louis Vuitton


Par Zadiggidaz

Literal Form de Petroc Sesti

« Message à l’attention de tous les voyageurs, nous allons traverser une zone de turbulences artistiques. »

 

Imaginez : des artistes à la fois mathématiciens et plasticiens, jonglant avec les lois de la physique et de l’informatique pour nous proposer une douzaine d’œuvres innovantes et immédiates. Voici donc les « turbulences » qui font basculer notre esprit entre raison scientifique et folie artistique.

S’ouvrant sur une définition, celle de ces turbulences si longtemps répugnées par notre savoir occidental, l’exposition les prouve, les démontre, les sublime même. En effet, il s’agit d’abord de démontrer leur existence, mais aussi d’affirmer leur caractère aléatoire et la beauté qui en émane, comme dans l’œuvre Literal form de Petroc Sesti. À partir d’un phénomène physique simple – celui du vortex formé par la perturbation d’une surface liquide – P.Sesti élabore au sein d’une sphère cristalline cette « sculpture » dont le perpétuel mouvement est sans cesse perturbé par des variables aléatoires.

Les Tours Morphiques de Sachiko Kodama

D’autres artistes comme et son œuvre Sans titre 1-14, font fi de toute beauté plastique et se concentrent sur un langage plus scientifique, abstrait même. Sur le principe de la cartographie et se basant sur 3 variables comme la température, la musique pop et le baiser, l’artiste tente de « décrire une civilisation et ce qui l’entoure ». La durée, le mouvement et l’intensité de ces variables crée ainsi un système et la rencontre entre ces différents éléments, des perturbations.

Mais la palme revient sans doute à l’artiste Sachiko Kodama et ses Tours morphiques – Deux spirales montantes. La synthèse entre art et science atteint ici son paroxysme tant ses sculptures en ferrofluides sont fascinantes de technologie et de poésie: deux tourelles spiralées en métal sur lesquelles s’écoule un fluide noir réagissant aux impulsions électro magnétiques. S.Kodama nous invite à observer le fluide s’hérisser à chaque impulsion et s’enrouler autour de la tourelle comme une couronne d’épine en mouvement. Si l’artiste peut contrôler l’intensité magnétique, elle ne peut contrôler les réactions du fluide : il s’agit d’une sculpture aux virtualités infinies.

Qu’on soit néophyte ou connaisseur, c’est finalement une certaine poésie qui l’emporte et qui sublime le domaine scientifique, si austère pour certain et si fascinant pour d’autres.

A mi-chemin entre art et science et utilisant des médiums relativement nouveaux dans la création plastique comme la cartographie, l’expérimentation scientifique ou le monde digital,  l’exposition rompt finalement les codes et les tabous si longtemps assignés à la science. Qui a dit que les scientifiques n’étaient pas sensibles ?

 

En clair, « Turbulences » c’est :

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s