Rencontres d’Arles : l’école nationale supérieure de photographie sous les projecteurs


 Par Flocons

 

« Supplément « Paradis » n°5 » (2009) Miles Aldridge, présenté à l’espace Van Gogh dans le cadre de l’exposition « Mannequin, le corps de la mode »

« Une édition décevante ! », c’est ce qu’on peut lire dans la presse à propos des 43e Rencontres d’Arles. Qu’en est-il vraiment? Pour les trente ans de la célèbre école nationale supérieure de photographie de la ville, les diplômés, professeurs et intervenants de l’établissement sont mis à l’honneur. L’occasion de montrer que beaucoup de jeunes talents ou de personnalités reconnues sont passés par Arles. Le petit flocon que je suis a voulu se faire son idée de la qualité de cet événement annuel reconnu.

Koudelka

Dans l’ensemble, je suis plutôt satisfaite. J’ai vu les bonnes expositions et j’ai eu l’occasion de faire de belles découvertes. Commençons par la star de cette édition : Josef Koudelka. Il n’a pas fait d’études à Arles mais, à l’occasion de la réédition de son livre de photos sur le peuple gitan l’année dernière, il est exposé dans l’église Sainte-Anne au centre de la ville.

« Roumanie, 1968 », Josef Koudelka

Koudelka, jeune tchèque, découvre les Gitans à l’âge de 24 ans en Slovaquie orientale près de l’Ukraine où il travaille alors comme ingénieur aéronautique, métier qu’il abandonne en 1967. Il se lie avec cette communauté, jusque-là au mieux négligée au pire persécutée, par la musique (qu’il pratique en amateur). Il les suivra ensuite pendant plusieurs années avant de devenir nomade comme eux. Écœure par le Printemps de Prague dont il fut l’un des principaux témoins à travers ses photos, il s’exile en 1970. L’exposition présente tous les tirages qu’il a pu faire de la communauté gitane qu’il a suivie. De très belles images en noir et blanc!

Exposition à l’église Sainte-Anne

Mes trois coups de cœur

Miles Aldridge

Ce photographe britannique né en 1964 d’un père directeur artistique et d’une mère mannequin, fait ses études dans une école d’art à Londres tout en pratiquant en parallèle la photographie. Il se spécialise dans la mode et travaille pour des magazines comme Vogue au Japon ou The New York Times Magazine. Il est exposé à l’espace Van Gogh pour l’exposition « Mannequin, le corps de la mode ». Cette très intéressante exposition retrace l’image de la femme mannequin des débuts de l’apparition des industries de la mode jusqu’à aujourd’hui. Il est même possible de voir à la fin un documentaire montrant l’utilisation de Photoshop pour retoucher les photos de mannequin, pratique systématisée aujourd’hui. Instructif!

Pour mieux comprendre l’univers Aldridge, je vous invite à jeter un œil à son site internet, une œuvre à part entière :

http://www.milesaldridge.com/

Exposition « Mannequin, le corps de la mode » à l’espace Van Gogh

Grégoire Alexandre

Diplômé de l’école d’Arles en 1995, ce jeune talent a un univers bien à lui. On ne sait pas trop comment le qualifier : photographe de mode, de pub, de communication, de studio? Il a fait parler de lui progressivement et reçoit des commandes d’un peu partout : de magazines (Wallpaper, Vanity Fair), pour les catalogues de couturiers ou de créateurs, pour des campagnes de pub (Sony, Orange, Citroën) ou encore d’artistes tels que Yelle, Yann Tiersen ou Etienne Daho pour leurs pochettes de disques. Grégoire Alexandre crée ses univers dans son studio avec des décors de papier, des lampes et des mobiles. Rien n’est caché de l’environnement, il n’y a aucune illusion. Le spectateur sait qu’il est dans un studio mais il se laisse happer par la mise en scène. Les images sont découpées, parfois retouchées. Incroyable!

 

Exposition « Uchronies » à l’église des Trinitaires à Arles

Olivier Metzger

Série « Smile forever », Olivier Metzger, 2012

La même pin-up, presque diva, est déclinée en plusieurs images: assise sur un lit, dans sa voiture, seule sur scène sur une photo éclairée par une lumière dans le dos. On suit cette femme à travers les yeux d’Olivier Metzger: tout est mis en scène et l’histoire se dessine dans une ambiance électrisante, le cadrage et l’ambiance y participant.

Exposition dans l’Atelier de Mécanique des anciens ateliers SNCF.

Vous êtes toujours devant votre écran à lire l’article? Qu’attendez-vous? Vous avez jusqu’au 23 septembre pour vous régaler l’œil.

43e édition des Rencontres d’Arles, dans toute la ville, jusqu’au 23 septembre.

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