Thermomètre: 360


Par Schmilblicq

« Un jour, un sage a dit : si un autre chemin s’offre à toi, n’hésite pas. Il n’a pas dit quel chemin il fallait prendre. Les choses auraient-elle été différentes si une seule personne, en venant ici, avait pris un autre chemin ? »

360, de Fernando Meirelles, commence en philosophie sur cette belle parole, pour finir sur cette même citation, alors qu’entre les deux, beaucoup de chemin a été parcouru. Dans notre conception occidentale d’un film, il nous faut un début, une intrigue et un dénouement. Ici, vous avez un début, qui ressemble étrangement à la fin. De quoi ça parle ? D’amour, évidemment ! D’amour vendu, d’amour religieux, d’amour passionné, d’amour trahi, d’amour violenté, d’amour perdu. Mais ce mot « amour » peut tout aussi bien être remplacé par « confiance ». Tout est dévoilé sans complexe. On y voit des couples, qui s’aiment ou non, qui font des erreurs et qui gardent leur intégrité. Vous passez d’une histoire à l’autre pour y revenir plus tard. Rien ne semble pouvoir les lier. Pourtant, quand une prostituée rencontre Jude Law, trompé par sa femme (Rachel Weisz), quand la petite amie de l’amant de sa femme décide de retourner dans son pays croisant le chemin d’un délinquant sexuel (Ben Foster) en reconversion, et quand Jamel Debbouze tombe amoureux de la femme d’un Russe qui fuit avec la sœur de la prostituée du départ, on comprend, bien évidemment, que toutes ces histoires de couples sont étroitement liées. Le temps semble s’être arrêté. Il semble même ne pas y avoir de temps du tout. Un demi tour sur soi même et c’est terminé. A moins que ce ne soit encore que le début…

360 nous fait partir de Vienne pour Paris, de Paris pour Londres, de Londres pour le Brésil ou les Etats-Unis, et revenir à Vienne comme par magie. Dans ce film, il est donc question de voyage : de quête. Rien n’est raisonnable, mais tout semble couler de source. C’est la vie, tout simplement, qui est dépeinte dans ses ratés, ses regrets, ses décisions, tous aussi importants les uns que les autres, mais sans jamais se demander ce qui se serait passé si le nombre de choix incalculables que cela représente avaient été pris d’une autre manière. La balade est agréable. On se laisse bercer entre des univers, des langues et des milieux totalement différents. Les émotions sont quasiment inexistantes. On voit ses êtres qui partent pour trouver leur vie et se trouver eux-mêmes. On est pris à témoin et on se dit que la vie pourrait être bien simple si on choisissait simplement de prendre un chemin sans se retourner, se dire que c’est le bon chemin, un point c’est tout. On nous propose de laisser nos regrets derrière nous, car à quoi bon regretter quelque chose que l’on a choisit de ne pas vivre ? 360 nous propose une vie. Plusieurs même. Imparfaites. Mais… c’est la vie !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s