Bibliothèque: Garulfo, quand la bd prend le contre-pied du conte de la princesse et de la grenouille.


Par Soda&Gomorrhe

Garulfo est une bande-dessinée qui fut créée par le scénariste Alain Ayroles. Ce nom ne vous dit rien ? Alors retournez vous cacher dans le terrier de la honte et de l’ignorance mes petits lapins, car je vous en avais déjà parlé !  (Et ralentissez aussi sur le jus de carottes fermentées, sérieusement, ça vous tuera). Bref, ce doux dingue et grand génie d’Alain Ayroles, vous pouvez le connaitre car c’est aussi le créateur de De Cape et de Crocs, série qu’il écrivit en parallèle de celle-ci, bien que cette dernière soit plus vite achevée et à mon sens, moins riche.

https://etreappart.wordpress.com/2012/04/19/de-cape-et-de-crocs-chef-doeuvre-explosif-de-culture-et-dhumour/

Mais bon, Garulfo reste une bd incroyable, une sorte de conte moderne qui pastiche plusieurs contes célèbres avec talent, dérision, et portant sur le monde des hommes un regard humaniste par le biais d’une…grenouille. Oui, oui, l’humanisme est incarné par une grenouille, qui est le héros de ce conte.

Allez ! Prosternez-vous à grenouille devant l’étang-dû-de-la-coa-naissance et de la philanthropie de Garulfo ! Comme Jean-Pierre, vous trouvez que je commence à vous les Brisset et vous coasser les pieds avec ces jeux de mots ? Vous en avez mare et voulez prendre vos cuisses à votre cou ? Têtard ! Il vous faut baver le danger ! Plongez avec moi dans l’univers de Garulfo, et frira bien qui frira le dernier !

Hum ! Donc…

Garulfo est surtout le nom d’une grenouille qui souhaite devenir un homme car il admire ces bipèdes prodigieux qu’il juge avec ses naïfs et globuleux yeux de grenouille. Avec l’aide d’une sorcière qui voulait l’utiliser comme ingrédient, il parvient à se transformer en prince et découvre alors la vie de château. Son but: épouser une princesse afin de rester humain et pouvoir récompenser la sorcière. Mais Garulfo s’aperçoit vite des limites des humains et leur tendance à tourmenter leurs prochains. Une série humaniste où un animal innocent tente rétablir une certaine idée de justice au sein du royaume des humains.

Mouais…mignon sans plus me direz-vous ? Et bien jusque là vous avez raison, mes petits lapins, mais Alain Ayroles est loin d’être sot et s’y connaît bien en magie:  »Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »(1): puisque Garulfo se transforme en prince, il y a quelque part dans le royaume un prince qui se transforme en grenouille. Et voici que commence le tome 3: un prince beau, intelligent et surtout étant un infect connard se retrouve dans la peau d’une grenouille, sans aucune explication. Ainsi les péripéties commencent, plusieurs transformations s’opèrent, nombre de coup de pieds au cul se perdent et Garulfo, dans son corps d’humain qu’il déteste depuis peu, se retrouve à aider un prince insupportable dans un corps de grenouille que ce dernier exècre. Le but de ce tandem inter-espèce: faire embrasser la grenouille par une princesse. Mais les difficultés seront nombreuses…

Système monétaire expliqué par une grenouille devant une assemblée d’animaux insomniaques, amour courtois démonté, satire du monde (in)humain, conventions sociales dénoncées, clergé et noblesse chahutés, contes réinterprétés (où l’on croise le Petit Poucet, l’ogre, des dragons, le chat Potté) dialogues piquants et subtils… cette œuvre, bien qu’elle puisse plaire aux enfants, s’adresse aussi aux adultes avides de féerie, d’humour et de finesse. À lire à tout prix. Mais en vrai ça coûte 13 euro la bd.

Tome 1 : De mares en châteaux (1995)

Tome 2 : De mal en pis (1996)

Tome 3 : Le Prince aux deux visages (1997)

Tome 4 : L’Ogre aux yeux de cristal (1998)

Tome 5 : Preux et prouesses (2000)

Tome 6 : La Belle et les bêtes (2002)

Scénariste Alain Ayroles, dessinateur Bruno Maïorana, coloriste Thierry Leprévost. Editions Delcourt, collection Terres de Légendes.

(1) bonus: conseil pour frimer en garden-party: la fameuse phrase  »Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » souvent attribuée à Lavoisier, est en fait la reformulation d’une phrase extrêmement ancienne dite par Anaxagore de Clazomènes :  »Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. » À savoir: Anaxagore est un philosophe grec qui date du Veme siecle avant notre ère, et qui  outre son extrême bon sens d’aller voyager en Egypte afin de comprendre deux-trois trucs, eut pour élèves Périclès et Euripide… La classe coaaa …

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