Anri Sala toujours plus haut!


 

Par Flocons

En ces temps de vacances et de batifolages, je vous suggère de courir au centre Pompidou voir un artiste avec un univers magique, Anri Sala.

Né en 1974 à Tirana en Albanie, il s’est fait connaître par ses vidéos surprenantes. En 1998, il réalise Intervista, quelques mots pour le dire, vidéo dans laquelle il confronte sa mère à son passé. Dans sa jeunesse, elle était militante pour le parti dictatorial qui gouvernait l’Albanie. On la voit participer à une émission et comme la vidéo est muette, l’artiste a fait reconstituer les paroles de sa mère par des sourds-muets qui lisent sur les lèvres. Sa mère est étonnée et mise un peu au pied du mur :

http://www.dailymotion.com/video/xkx9jg_intervista_shortfilms

Progressivement, le plasticien se focalise sur le langage, le sens et le non-sens. En 2004, il réalise Làk-kat, dans laquelle un enfant apprend le lak-kat, dialecte africain qui signifie charabia. L’enfant répète les mots sans les comprendre.

La narration va ensuite de plus en plus disparaître jusqu’à devenir complètement secondaire. En 2005, la musique devient substitut au langage et cela formera le style bien particulier d’Anri Sala. Il réalise Long Sorrow dans lequel il filme un saxophoniste très célèbre en train de jouer, accroché avec un harnais à son balcon.

Dans l’installation créée spécialement pour la galerie sud du centre Pompidou, on peut vraiment voir l’étendue de son génie. Cinq écrans sont disposés dans des cabines dans la salle vitrée de la galerie qui donne sur la rue. Ainsi, nous sommes confrontés aux passants de la rue comme les personnages des films d’Anri Sala. Il projette donc sur ces écrans des extraits de ses quatre derniers films qu’il a combinés ensemble.

1395 Days without red suit l’actrice fétiche de Sala dans Sarajevo à l’époque de la guerre de Yougoslavie. La ville est déserte, les gens ont peur de traverser les rues. Pendant la guerre, les gens ne portaient plus de rouge pour ne pas être des cibles trop voyantes pour les tirs. Maribel Verdu déambule dans la ville en courant et parfois en fredonnant la symphonie n°6 « pathétique » de Tchaïkovski. Au même moment, un orchestre symphonique la joue sur l’écran et nous l’entendons  également dans la salle.

 

Un autre écran s’allume et le spectateur est invité à se déplacer dans l’exposition. Le film Answer Me nous emmène cette fois à Berlin sous un dôme géodésique. On voit aussi Le Clash dans lequel un couple se dispute et se sépare dans une salle des fêtes désertée à Bordeaux. L’homme évacue sa colère sur une batterie qu’il tape comme un fou. Dans la salle du centre Pompidou, des batteries sont disposées tout autour et jouent en même temps que lui.

 

Enfin, Tlatelolco Clash montre le site aztèque de Tlatelolco à Mexico dans lequel on peut entendre une nouvelle version de Should I Stay or should I go des Clash, réalisée à la boîte à musique. En résonance, le spectateur peut tourner sa propre boîte à musique en regardant passer les gens dans la rue par une fenêtre ménagée exprès dans la baie vitrée de la galerie.

 

Nous sommes propulsés dans un monde magique où les images résonnent avec la musique. De la poésie à l’état pur!

 Anri Sala, galerie sud du centre Pompidou, jusqu’au 6 août 2012.

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