Micro-trottoir : opinions sur la Triennale


Par Flocons

Comme je l’avais écrit il y a quelques mois, l’enjeu est grand pour « Intense proximité », nouvelle triennale autrefois appelée « la force de l’art ». Ayant lieu au Grand Palais à ses débuts, cette manifestation avait été créée pour promouvoir la création française et lui donner une visibilité sur le plan international. Fortement critiquée à l’époque, elle est relancée dans le nouveau Palais de Tokyo récemment restauré. Le commissaire en est Okwui Enwezor, nigérien installé aux Etats-Unis depuis trente ans. Il met en avant dans la plupart des expositions dont il a assuré le commissariat un multiculturalisme de plus en plus important dans ce monde globalisé. La Triennale qui a ouvert ses portes en avril est donc placée sous l’égide de Lévi-Strauss et de l’ethnologie.

La Triennale, une exposition annoncée depuis des mois comme un événement marquant, est-elle donc à la hauteur de ses promesses? Nous sommes parties enquêter, la proprio et moi, et vous interroger à la sortie de l’exposition. Devant le palais de Tokyo, les critiques fusent et les commentaires sont acerbes. Globalement, les œuvres sont de qualité et la problématique sur l’ethnologie est intéressante mais vous êtes nombreux à penser qu’il manque un fil conducteur et des explications. Comme beaucoup (trop?) d’expositions d’art contemporain, il semblerait qu’elles restent réservées aux initiés. Dommage! Les jeunes entre 18 et 30 ans sont les seuls à porter un regard plutôt positif sur le nouveau bâtiment du palais de Tokyo et sur la Triennale. En effet, chez des personnes de 45-50 ans, le lieu est plutôt repoussant, en chantier et ressemblant à un bunker. Reportage :

 

« Très moyen »

« Le bâtiment est limite. Il y a pas mal de cochonneries dans la boutique. Tout est en anglais, ce n’est quand même pas normal! Le guide est à acheter pour voir l’exposition de la Triennale. Les étiquettes sont mal mises pour voir le nom des œuvres, il n’y a nulle part où s’asseoir surtout dans les salles où il y a des vidéos. »,

Deux habituées des expositions.

 

« On s’attendait à plus que ça, et on vient du Canada exprès! », un couple canadien.

« Déçue », « obsolète »

« Ce qui est intéressant est de voir les photos de Lévi-Strauss mais du point de vue des artistes, il y a peu de nouveauté. Aucun artiste ne sort du lot. », la rédactrice d’une revue d’art.  

 

« Un sujet nécessaire mais qui devient ici obsolète, une position ethnologique qui produit une pensée mais avec une vision qui s’annule constamment ». Un homme bavard.

 

« Supermarché! », un visiteur pressé.

« Ca m’a guéri de l’art moderne. On n’en a pas vraiment pour notre argent. Le lieu est un chantier », un couple qui est ressorti immédiatement après être entré par curiosité.

« Un peu hermétique. Hétéroclite. Déjanté.

La qualité est assez surprenante. Un peu long. Pas extraordinaire. Pas de fil conducteur. La partie basse est une cave. On peut même parler de « foutage de gueule » pour certaines salles. » Un couple.

« Une bonne impression. Il faut cependant bien un guide pour appréhender les œuvres. Un guide en personne nous a bien aidées. Les espaces du palais sont agréables et la qualité des œuvres est là. » Deux jeunes femmes.

« Une exposition très complète. Des œuvres très différentes. Il y a beaucoup de choses, des mondes très différents. C’est un peu long et dense. Les photos sont très belles, quelques installations sont difficiles à comprendre. Il faut bien un guide pour comprendre. », Deux jeunes filles avec leur classe de 18 et 20 ans, c’est leur première exposition d’art contemporain.

« Bordélique du point de vue des œuvres. Le lieu est dingue. Sympa! », deux jeunes habitués.

« Sympa. Un guide est nécessaire. Le lieu fait un peu industriel. »  un jeune homme

 

« Très agréable. Surprenant. On peut faire jouer l’imagination avec ces œuvres.

Idée bonne mais il faudrait des clés de compréhension. Manque de pédagogie. Il faudrait des explications avec le cartel. Obtus. Des télévisions sont posées à même le sol, ce n’est pas pratique. Lieu un peu trop brut de décoffrage. Plutôt négligé. » Deux habituées des expositions.

« Dense. Envie de revenir avec plus de renseignements », une jeune femme.

Troisième édition de La Triennale d’art contemporain au Palais de Tokyo du 20 avril au 26 août 2012

Plein tarif :8€
Tarif réduit : 6€

Gratuité pour tous : chaque 1er lundi du mois à partir de 18h

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