Bibliothèque: Charles Mingus


par Imthefridge

Quand on mélange du chinois, de l’anglais, de l’afro américain, du suédois, ça donne quoi ? De la soupe ? Certainement pas.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici un des artistes les moins reconnus de sa génération: il y a eu Miles Davis, Charlie Parker, John Coltrane, Duke Ellington, Ella Fitzgerald, Billie Holiday (que Mingus a presque tous accompagné). Rude concurrence, me direz vous, et vous auriez bien raison. Mais ça ! Prenez dix minutes de votre vie pour écouter ça, plutôt que de les passer à regarder des chats empaillés transformés en hélicoptère par des Hollandais vicelards. (voire vingt minutes si vous appuyez sur « Replay »; personnellement, je l’ai presque autant défoncé que Soda quand il me dit que The Avengers est un des meilleurs films de sa catégorie).

Je ne sais pas ce que Charles prenait, mais je veux la même chose ! Personne ne pourra jamais lui reprendre ce… cet… ses… enfin cette inspiration. 1959 ! Qui pouvait faire CA en 1959 ? En plus de figurer parmi les contrebassistes les plus doués, c’était un compositeur hors pair, une machine à décérébrer du fenouil, un anthropophage de variétés, un flibustier des mers sinusoïdales  !

En 1943, les orchestres doivent faire face à la pénurie de musiciens réquisitionnés par l’armée. Notre homme est réformé à cause de son diabète et de son surpoids, il joue alors pour celui de Louis Armstrong,puis Duke Ellington, et fait ses gammes. Il est écarté de ces formations pour son tempérament trop agressif, notamment dès que l’on aborde ses origines floues. Sa personnalité bestiale pouvait effrayer, il a viré plusieurs fois des musiciens de son propre Big Band à grands coups de pied au derrière, au sens propre et littoral (vous comprenez, pour un flibustier…). Son physique de catcheur eût rassuré s’il n’eût hébergé un personnage aux sautes d’humeur foudroyantes.

Sous ses dehors rudes de Capitaine Haddock, c’était surtout un personnage sensible. En témoigne ce thème qu’il compose pour son ami décédé, le sax Lester Young. Il signe par la même occasion une des plus belle composition du Jazz, avec un grand J, comme dans « Je suis trop fort », ou « Je déboite du marsouin en dansant le cha cha cha ».

Même dans ses reprises, on ne s’y trompe pas, ce mec est original jusqu’au bout du cigare, sans pour autant dénaturer le morceau.

Si tu n’es pas tombé sous le Charles, ne t’appesantis pas dans ces contrées, va plutôt te prendre une mine, gusse.

(Pour les analpha-bêtes : http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/gusse)

(Et ouais, je suis un ****** de snob.)

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