La Baignoire


 par Lola LBL

 

Le métro, les gens, les bouchons, les supermarchés ça vous fatigue ?

Déshabillez-vous, plongez dans la baignoire vous allez voir.

Pour cette première plongée sous-baignoirine, quoi de mieux que de commencer par explorer l’endroit où nous sommes. Une baignoire: courbes et candeur qui ont parcouru l’histoire de l’art de manières très diverses.

(Ici, il me semble important de signaler qu’il ne sera fait aucune mention à ce fameux épisode concernant un sèche-cheveux et son chanteur, ou l’inverse je ne sais plus …)

Comment cet objet (qui dans notre appart est source de conflit sur la durée de relaxation inégale entre colocataires féminins et masculins) a été représenté par les artistes? Voici quelques exemples.

Une baignoire ça peut être votre dernier souvenir: Jacques Louis David – La Mort de Marat (1793)

Dans cet espace irréaliste dépourvu de sens de la déco mais emblématique d’une scène crime (fond noir, lumière diffuse qui éclaire le corps blanc), Jean-Paul Marat, révolutionnaire de son état, gît assassiné. Le peintre a soigneusement placé différents indices menant vers une seule conclusion: Marat est un martyr. Références christiques, idéalisation d’un homme qui était atteint d’une maladie laissant des traces visibles sur son corps, linge plissé dans une précision monacale, et la plume, dénonçant les ennemis de la République.

Charlotte Corday,  jeune aristocrate normande, indignée par les excès de révolution, considère Marat comme le principal responsable et décide le tuer. Ayant échoué à l’Assemblée, le 13 juillet 1993 elle se présente au domicile de Marat et après plusieurs tentatives réussit à le convaincre de s’entretenir avec elle en lui faisant parvenir une lettre. J.L. David veut ici nous mettre à la place des dernières personnes l’ayant vu vivant: Charlotte Corday et … lui même (proche ami, il était venu lui rendre visite la veille). Hommage idéalisé, le tableau comporte une dédicace du peintre à son ami, en lettres antiques comme sur une stèle mortuaire.

Une baignoire ça peut être une vengeance: David Sherman – Lee Miller dans la baignoire d’Hitler (1945)

 Lee Miller, mannequin et photographe, assistante de Man Ray à ses débuts, fut envoyée en Europe par Vogue comme correspondante de guerre. Accompagnant les troupes américaines, elle est présente lorsqu’ils libèrent les prisonniers des camps et également lorsque le bunker d’Adolf Hitler est pris. La photographe, ressemblant à « un lit défait qui n’a jamais connu la lessive » d’après un de ses compagnons de route, entre dans les appartements d’Hitler et d’Eva Braun pour profiter du confort des lieux. Cette photographie est une mise en scène miticuleuse. Le bracelet-montre déposé par Lee Miller rappelle les objets personnels dont ont été dépossédés les prisonniers des camps, le bain rappelant leurs douches mortelles, le portrait d’Hitler présent jusque dans la salle de bain, la statue classique proche d’une Venus sortant du bain qui contraste avec le corps fatigué de Lee Miller au regard perdu entre les atrocités qu’elle vient de voir et la réversibilité des choses.

Vous me direz : c’est glauque. Pourquoi cet objet, qui ne l’est pourtant pas, glauque, est lié à la mort (ne me parlez pas de Jim Morrison sinon je vais pleurer) ?

Mais non, mais non, ce n’est pas « que » glauque.

Une baignoire, ça peut être original: Lee Price – Cocoa Puffs

Certains d’entre vous ne se feront peut-être pas avoir: ceci n’est pas une photographie.

Lee Price est un peintre et cette toile appartient à une série de représentation de femmes mangeant dans leur salle de bain avec un point de vue insolite, presque omniscient et complètement voyeuriste. Observée du dessus, comme si le peintre s’était installée à plat ventre se penchant sur une ouverture donnant sur la voisine du dessous (qui n’a pas rêvé de faire ça ou qui n’a pas eu peur que ça ne lui arrive … nous on s’en fiche, Etre App’art est au dernier étage …), cette femme est représentée à la manière des peintres hyperéalistes. Lee Price se situe dans leur continuité en prenant comme sujet principal la figure humaine (c.f. portrais de Chuck Close) tout en nous proposant une représentation originale et astucieuse nous décrivant un aspect de la vie contemporaine.

Une baignoire ça peut être gênant: A Little Big Man- Arthur Penn (1970)

Enfin, une scène mythique de ce film avec Dustin Hoffman et Faye Dunaway.

Pour finir, un rappeur membres du groupe 1995 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1995_(groupe)), Nekfeu.

Bon Bain !

Une réponse à “La Baignoire

  1. Pingback: Tous Créateurs | La Baignoire | Etre App’art·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s