Le Centre Pompidou dans tous ses états


par Flocons

La troisième édition du Nouveau Festival du Centre Pompidou tient bien sa réputation d’ovni dans le milieu artistique. Une fois de plus, nous en avons plein les yeux !

Petit bémol à souligner cependant, la présentation est toujours aussi peu claire et il faut beaucoup de temps pour s’y retrouver dans le foisonnement des manifestations. Mais ne nous plaignons pas du trop-plein d’évènements, c’est assez rare comme ça!

A moi d’essayer de vous faire un programme clair et complet de tout ce qui est proposé au spectateur tout frétillant d’impatience. L’exposition principale se compose de cinq parties 

1. La voix dissociée


Imaginée par Paul Bernard, cette petite exposition regroupe des œuvres qui explorent les domaines de la ventriloquie ainsi que le rapport du son à l’image. On peut donc faire l’expérience de l’écoute d’une conversation portant sur l’audition en décrochant un téléphone dans la première salle ( Janet Cardiff et Georges Bures Miller, Telephone time, 2004) ou encore se retrouver nez à nez avec une poupée assez effrayante qui constitue d’ailleurs l’affiche de cette édition (Marnie Weber, The Truth Speakers (Girl with copper dress and gold trim), 2009). Autres petits bijoux : les lèvres projetées dans le film Not I de Beckett ou la vidéo en langage des signes de Jordan Wolfson. La dernière image de l’exposition de Jeff Wall, A ventriloquist at a birthday party in October 1947 (1990), nous laisse sans voix ( c’est le cas de le dire!).

2. Read into my black holes

Présentée comme un cabinet de curiosités du XVIIIe siècle, cette exposition conçue par Gisèle Vienne et Dennis Cooper nous fait renouer avec nos peurs d’enfance et nos angoisses. L’atmosphère est pesante mais les œuvres sont délectables.


Série Haunted Air, Ossian Brown

Cette série assez fascinante de photographies (comme tirées d’époque) présente des portraits de gens étranges portant des masques. Une atmosphère assez malsaine se dégage de ces tirages.

Les différentes photos de poupées de Morton Bartlett sont aussi à relever. L’œuvre la plus frappante de cette salle reste l’étrange créature de Bruno Pelassy présentée dans une sorte d’aquarium. Agitée par des rentrées d’air, elle bouge et évolue dans l’eau. Elle fait partie d’une série de créatures Untitled que l’artiste a créées avec des matériaux précieux et d’autres plus ordinaires. Ici, cette robe est constituée de soie, de silicone, de dentelle et de perles. L’artiste laisse le public libre de l’interprétation. Certains y voient une méduse, d’autres un couple. Vous savez ce qu’il vous reste à faire!

3. Les mystères de l’Ouest

Inspirée d’un des épisodes de la série Mystères de l’ouest, l’exposition conçue par Pascal Rousseau se concentre autour de l’imaginaire, la science-fiction et l’idée d’une quatrième dimension. Le plus surprenant reste cette roulotte disposée au centre de la pièce dans laquelle nous sommes invités à rentrer. Rachetée dans les années 80 par Fred Vaësen, elle sert désormais de boîte de nuit personnelle pour lui et ses amis. Si vous vous demandez quelles sorte de soirées ils peuvent organiser, les photos au fond de la roulotte sont très explicites. Parmi les autres œuvres, un néon de Maï-Thu Perret et beaucoup d’études de formes futuristes.

4. W. Sebald Fiction

Cette exposition est un hommage à l’écrivain et essayiste allemand Sebald. Beaucoup de lectures sont organisées autour de son œuvre ainsi que des projections de films. Quelques artistes inspirés présentent leurs travaux autour des problématiques de l’auteur comme Camille Henrot avec ses Frozen Frames ou encore les œuvres de Sébastien Lifshitz. Il présente un diaporama de photos intitulé Un point dans le vide où toutes les personnes photographiées regardent vers un même point. C’est amusant pour le spectateur qui se trouve derrière les protagonistes. Il a aussi monté une série de photos où il met en parallèle deux vieilles dames photographiées à chaque fois dans les mêmes endroits. Ce sont des photographies qui étaient toutes mélangées qu’il a récupérées dans un marché aux puces et qu’il a confrontées. Présupposant un amour secret entre ces deux femmes, sa supposition s’est avérée vraie.

5. Teenage hallucination

Gisèle Vienne et Dennis Cooper présente leur dernière création Jerk dans l’espace 315 du centre Pompidou ainsi qu’un tableau de 39 poupées issues des pièces qu’ils ont créées et une galerie de portraits photographiés de ces figures. Perturbant!

Spiritismes

Un autre projet insolite est celui de Guy Maddin. Le cinéaste canadien a voulu faire revivre l’âme des films anciens disparus, soit parce qu’ils ont été brûlés, soit parce qu’ils ont été égarés ou tout simplement mis de côté parce qu’on avait besoin d’étagères.  Chaque matin, à l’ouverture du centre Pompidou, il convoque les acteurs du film qu’il veut refilmer autour d’une table pour les faire entrer en transe et intégrer les histoires qu’ils doivent jouer. Tout la journée, il tourne son film dans un décor reconstitué. J’ai pu voir Ladies of the mob de William Wellman avec notamment Charlotte Rampling. Le principe de pouvoir voir le tournage est vraiment intéressant même si la visibilité n’est pas très bonne et le spectateur ne peut finalement observer qu’une infime partie du set.

Tout ce que j’ai à vous dire est maintenant de profiter de la dernière semaine du festival ! Je vous laisse sur cette image :

 
 
Le Nouveau Festival, expositions, spectacles, cinéma, conférences et performances du 22 février au 12 mars 2012 au Centre Pompidou.

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