Liam Neeson : l’art d’exceller dans le même mauvais rôle depuis 2008


par Soda&Gomorrhe

Vous qui ne jurez que par le septième art et qui ne vous lassez de revoir la filmographie de Rohmer,  je sais que vous connaissez d’ores et déjà Liam Neeson, grand acteur s’il en est. Nominé aux Oscars, Bafta Awards et Golden Globes, récompensé aux Mostra de Venise en tant que meilleur acteur dans un film dramatique, il est principalement connu pour La liste de Schindler, récompensé par 7 Oscars, excusez du peu… Traitant d’une histoire vraie, ce film en noir et blanc est filmé à 40% à l’épaule afin de renforcer l’immersion dans l’horreur du quotidien d’un industriel allemand lié au camp de concentration de Plaszòw, où cet homme ambigu sauva plusieurs centaines de juifs. Mais bon, soyons honnêtes. Vous avez beau être cultivés mes petits lapins, il est un point indéniable que nous devons préciser : Liam Neeson, oui, vous le connaissez…mais par pour les rôles où on lui demande d’être talentueux. Non, vous le connaissez, et c’est là tout le drame, car il joue le même rôle en boucle à quelques nuances près, parfaitement taillé pour les blockbusters.

Bien qu’on se focalisera sur les années 2008-2012, on peut noter le rôle précurseur de la figure paternelle qui règle tout par la Force. (ici, veuillez noter que j’ai fait sourire quelques fans de Star Wars.) C’est l’une des plus belles performances de Liam Neeson : être crédible aux côtés de Jar Jar Binks. (ici, veuillez noter que plusieurs fans viennent de se vomir dans la bouche en lisant ce nom) Star Wars, la Menace Fantôme, George Lucas, 1999.

Tout commence véritablement en 2008, dans Taken de Pierre Morel. C’est l’histoire d’un américain qui veut retrouver sa gentille fille enlevée par des vilains proxénètes Albanais à Paris, capitale du stupre et de la luxure, comme vous le savez bien : car ce n’est pas aux Etats-Unis… Liam Neeson, en tant que gentil papa surentrainé va à la recherche de sa fille, pétant toutes les rotules sur son passage et démantelant un réseau criminel tant qu’à faire, le tout sans perdre une once de sa classe, marquant l’écran par sa présence et par son jeu d’acteur impeccable. Impeccable, certes… Mais être parfait dans une daube, c’est comme être compétent sous le troisième Reich : c’est mal vu.

Cette photo (un brin ridicule ?) illustre donc parfaitement ce qu’on demande à Liam Neeson : « Je suis gentil car j’ai une fleur dans la main droite (symbolisant l’élément à protéger ou venger dans ses films : sa fille, sa femme, son équipe…) mais je suis dangereux car j’ai le poing gauche fermé pour t’éclater les gencives si jamais tu touches à ma fleur, car je suis surprotecteur et surentrainé (ancien agent du Fbi, papa musclé, mentor/papa de substitution de Batman, Dieu en colère…). » Liam Neeson incarne donc le même rôle : une sorte de gentil papa protecteur qui rayonne par sa puissance, un peu comme le lion dans Narnia, dont il fait le doublage soit dit-en passant. Hasard ? Je ne crois pas. Et en face un élément contrariant : des Albanais, des nazis, des loups… Ça fait « boum, crac, pif ! Libèèèère le Kraken ! Wouf ? Bam ! » et une moyenne de 200 000 000 $ par film. Général autoritaire, amnésique vengeur, Zeus en colère… Et à pas de loups on s’éloigne du légèrement ridicule au grotesque assumé…

Il joue dans cinq films qui sortent cette année :

  • Le Territoire des loups de Joe Carnahan : gars sympa (Ottway )
  • La Colère des Titans de Jonathan Liebesman : Dieu protecteur  (Zeus)
  • Battleship de Peter Berg : papa protecteur et amiral (amiral Shane)
  • The Dark Knight Rises de Christopher Nolan : papa de substitution de Batman (Ra’s Al Ghul)
  • Taken 2 d’Olivier Megaton : papa vengeur ancien flic (Bryan Mills)

Je vous sens sceptiques quant à la qualité de ces films… Vous avez raison. Il y a même Rihanna dans Battleship, pour ceux qui doutaient encore de la puissance en daubitude de ce film. Mais je voudrais tout de même insister sur un film : Le territoire des loups. Car je suis allé le voir, avec l’espoir fou qu’il y ait un peu plus de scénario, voire un brin de psychologie !

Je file donc à la première séance, me place au premier rang, une peluche d’husky dans la main droite, un verre de soda dans la main gauche et un énorme piège à loup posé devant moi. Et je me prends à espérer : et si ça allait être un grand film ? De bonnes critiques et peu de cinémas qui le projettent malgré le battage médiatique. Et même si Liam Neeson finit par latter à mains nues une meute de loups, et bien tant pis, un barbu qui vainc l’adversité à coups de boule, même contre une espèce en voie de disparition, ça fait toujours plaisir… Les lumières s’éteignent et mon cœur s’emballe. Ben oui, parce que Liam Neeson, c’est un peu mon Chuck Norris.

Après m’être fait violer visuellement et auditivement par les habituelles publicités et bandes-annonces de film où Liam Neeson ne joue même pas, me voici devant le film. Et l’illusion de scénario fond comme neige au soleil, le réalisateur n’ayant pas osé dénaturer la performance de Liam Neeson en lui donnant un scénario au risque de le perturber. Un mec sympa, un crash, des loups, une traque, des morts, fin. Mais ce film conserve tout de même des arguments. La totale absence de véritable espoir, la faim, la peur, le froid et la fatalité poussent paradoxalement un homme suicidaire à tenter de survivre, tantôt négociant avec Dieu, tantôt lattant à coups de mini-bouteilles de whisky des loups franchement bien faits, le tout avec une mise en scène qui nous donne l’impression d’étouffer en plein désert gelé.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19270026&cfilm=177500.html

Mais  une fois de plus au vu de la performance de Liam Neeson, on a envie de  crier au gâchis plutôt que de hurler avec les loups.

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