Bibliothèque: «J’ai un projet, devenir fou» Charles Bukowski (1920-1994)


par Jordan T.

Je prends toujours le temps de me servir un verre d’Oasis Tropical en rentrant chez moi, mais hier soir, j’ai directement allumé mon ordinateur pour consulter mes mails et savoir si mon compte bancaire était toujours en vie. Il est sous assistance respiratoire depuis trois mois. J’ai ouvert un mail où l’on me proposait d’écrire un truc culturel sur la littérature ou le cinéma. J’ai sorti un tas de nouvelles que j’avais pré-écrites, aucunes ne contenaient d’aspect «culturel», d’ailleurs, elles n’avaient aucun sens tout court. J’ai bu un verre d’Oasis Tropical et me suis couché, en réfléchissant à un truc qui pourrait vous convenir, un film, un auteur…

«BIM ! BAM ! BOUM ! Je suis tombé du lit, il devait être neuf heures quarante cinq. C’était la première fois depuis deux mois que je me réveillais avant midi. J’ai ouvert une bière et je me suis dirigé vers la salle de bains. Je suis sorti de la chambre puis j’ai flâné dans les rues de Los Angeles, j’étais encore sacrement ivre. Je me suis rendu à mon bar préféré, du moins au seul bar du quartier qui acceptait les clodos de mon espèce. Le barman, Hank, assistait à toutes mes lectures dans la région. Mes poèmes lui plaisaient beaucoup, et ses bières me plaisaient beaucoup, voilà ce qui faisait un bon arrangement. J’ai passé ma journée à boire avec d’autres déchets, des hommes divorcés, des clodos, des chômeurs… Je suis rentré chez moi bourré, et Lydia m’attendait. On a fait l’amour une bonne partie de la nuit, puis je me suis tourné et j’ai roulé sur le côté, me suis endormi.»

Voilà ce qui pourrait résumer la vie de Bukowski (Buk ou Hank pour les intimes), du moins, c’était de cette façon qu’il l’écrivait. Ce poète incompris est l’auteur de nombreux poèmes, aujourd’hui encore très en vogue aux États-Unis. Né en Allemagne, il a passé toute sa vie à Los Angeles sans réussir à s’y détacher. Il a plongé dans l’alcool très jeune, quittant la maison familiale à l’adolescence pour entamer une longue traversée du désert. A 24 ans, il a écrit sa première nouvelle Aftermath of a Lengthy Rejection Slip que vous pouvez facilement trouver sur internet.

www.youtube.com/watch?v=EtsmkjToKt4

S’en suit un long périple, où il a arrêté d’écrire pendant près de dix ans, s’est marié et a trouvé un boulot de postier (il écrira d’ailleurs un roman sur son job à la Poste, Factotum). En 1969 (à 49 ans), il publie son premier recueil de nouvelles et de chroniques Journal d’un vieux dégueulasse et commence enfin à vivre de sa plume.

Pour bien entrer dans l’univers de cet écrivain atypique, je vous propose de regarder sa première (et sa dernière) apparition sur un plateau télé français, à Apostrophes en l’occurrence :

BIM ! BAM ! BOUM ! Je ne suis pas tombé du lit mais je me suis cogné la tête sur la mini bibliothèque exposée au dessus de mon lit, faisant tomber un livre sur mon matelas : Charles Bukowski, Women (1978). J’ai ouvert les premières pages, dégusté quelques lignes puis j’ai pleuré. C’est en lisant pour la première fois Bukowski que je me suis senti fier d’être une merde. J’ai pleuré pendant dix minutes, douze peut être, quinze sûrement, enfin je ne sais plus. Ce qui compte, c’est que je me suis rendormi, avec un projet en tête : devenir fou…

http://www.youtube.com/watch?v=gifEn61dZBc

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