Interview de « Dandy », « La musique, ça sert à être bien »


par M.P.

Tout droit en provenance d’Amiens, et se risquant à un sarcasme bien parisien, Dandy est un drôle de phénomène. Combinant un lyrisme français sur un son bien anglais, le groupe semble bien être décidé à conquérir la capitale, si ce n’est déjà fait, et puis pourquoi pas d’autres villes jusqu’au pays en lui même. Rencontre avec Jeoffrey Vasseur, chanteur/guitariste.

Q : Raconte nous brièvement l’histoire du groupe.

R : Très compliqué… Le groupe a été crée lorsque j’étais encore au collège, vers 14 ans je crois. On a connu beaucoup de changements de membres durant cette période. Au départ, c’était uniquement un groupe pour s’amuser, avec des amis. On était 6 au début… De fil en aiguille, on a bâti un groupe stable dans sa composition, à savoir 4 membres. On a commencé à tourner, tout en étant soutenu par la région d’Amiens, ce qui nous a permis de faire beaucoup de petites salles dans les alentours. On avait une base fan de lycéens qui nous suivait un peu partout, étant nous mêmes entrés au lycée, ce qui était vraiment cool. Le gros tournant, ce fut le Gibus : on a joué pour le tremplin Inter-écoles, et c’était la première fois que l’on montrait nos compos à un autre public, parisien en l’occurrence. On n’était pas vraiment préparés, on s’était inscrit une semaine avant… Durant cette période, on a rencontré des professionnels qui nous ont aidé à nous recadrer sur notre jeu, sur les arrangements, etc. Même si on n’a pas réussi à passer, ils nous ont dit de revenir pour un autre festival, Rock the Gibus. La région d’Amiens nous a payé des bus pour qu’on puisse ramener des gens, c’était cool. On a réussi à aller jusqu’en demi-finale, aux portes de l’Olympia. Ca nous a permit de nous faire un petit nom, de rentrer dans la grande famille du Gibus, pour pouvoir continuer à tourner. Ce qui était bien également, c’est qu’on a beaucoup été suivi par la presse d’Amiens, ça a crée un mini engouement autour du groupe, nous permettant de jouer dans encore plus de salles de la région. Et entre temps, on a encore changé de formation, deux membres sont partis, sans doute un peu flippés de la tournure que prenaient les événements… On a donc accueilli Dimitri (guitare) il y a 6, 7 mois… On l’a rencontré dans le sud, en vacances, durant un festival, on avait eu l’écho d’un mec qui se débrouillait bien à la guitare. Il était de Paris, et on s’est tout de suite bien entendus. Et sinon, on a pas de batteur, enfin juste pour la scène, mais pas attribué.

Q : Est ce toi qui compose et écrit dans le groupe ?

R : Oui. Je compose en guitare acoustique, j’écris les paroles, et on retravaille le tout ensemble. En fait cela dépend des moments, parfois, si je trouve la basse, j’apporte ma partie, mais généralement, chacun travaille sa partie instrumentale.

Q : A l’écoute de l’EP, on sent des influences françaises bien sûr, de par les textes, mais aussi anglaises comme les Babyshambles. En avez vous d’autres notoires ?

R : Jacques Dutronc, surtout. C’est ma principale influence. C’est vrai que les paroles font penser à Luke, voire Gainsbourg, parce que c’est en français… Et la musique est très anglaise, c’est l’alliance des deux qui donne quelque chose d’intéressant.

Q : Un meilleur souvenir scénique ?

R : J’en ai plusieurs… Evidemment, lorsqu’on s’est qualifié pour la demi finale, c’était fou. Tous nos potes étaient là, plein de gens venus d’Amiens. Quand tu entends ton nom prononcé, c’est dingue… Sinon, on a fait plusieurs fêtes de la musique dans notre ville qui nous ont marquées, avec pas mal de monde, de grandes scènes, c’était vraiment bien. Récemment on a joué au Ziquodrome de Compiègne, le son était impressionnant, ça fait toujours plaisir de jouer dans ce type de conditions. Mais au Gibus, on était vraiment sur un petit nuage.

Q : Est ce que le fait d’être un dandy avec une finesse française fonctionne t-il mieux avec les filles que d’être un dépravé avec un lourdeur anglaise ?

R : Ouais, ça marche… (rires) En fait, on a voulu chanter en français pour se démarquer de cette scène qui chante énormément en anglais. Et puis même, je ne sais pas vraiment chanter en anglais… (rires). Et surtout, je préfère la langue française.

Q : On a perdu Amy Winehouse cet été, à 27 ans. Es tu dans cette même optique ?

R : Non, je compte quand même passer le cap ! On sait s’amuser, mais on n’est pas destroy non plus.

Q : Studio ou scène ?

R : Question difficile… Le studio est une excellente expérience. On y est passé 3 fois pour enregistrer, avec d’abord un premier EP qu’on a gardé pour nous pour savoir où l’on en était. On avait gagné un prix qui débouchait sur un passage en studio. Ensuite, on a sorti le fameux EP, après avoir été enfermés durant 2 mois. C’était vraiment bien, de nous pousser dans nos retranchements jusqu’à sortir le meilleur son possible. Mais la scène… Le partage, le public, c’est tellement bon ! Il faut savoir allier les deux.

Q : Blonde ou brune ?

R : (hésite) Blonde ! (rires, une jolie fille brune assistant à l’interview, NdA)

Q : Quelle est la question que tu adorerais avoir en interview ?

R : (réfléchit)  C’est carrément une bonne question ça ! (rires) Hum… Qu’aurais tu fait si tu n’avais pas « réussi » dans la musique ?

Q : Et bien, je te la pose !

R : Bah justement, je ne sais pas, en fait… Je serai peut être mort ! (rires) Heureusement que la musique est là. Du journalisme, peut être.

Q : Le style, c’est aussi important que la musique ?

R : C’est un prolongement, je dirais… Un groupe, c’est comme un produit, il faut quand même avoir un minimum de style, ce n’est pas la même chose de voir trois clochards sur scène que trois mecs plutôt bien fringués… La musique reste tout de même prioritaire.

Q : Sinon, que penses tu de la crise monétaire européenne ?

R : J’en sais rien du tout… (rires).

Q : Quels sont les projets de Dandy ?

R : On va sortir un single inédit pour Noel (l’interview se déroulant mi-décembre, NdA),  deux titres en téléchargement gratuit, sorte de petit cadeau… Sinon, la région d’Amiens nous finance un album, je vais donc prendre le temps d’écrire, et on l’enregistrera, je pense, en fin d’année prochaine. On est également nominés pour les Amiens Awards, une cérémonie récompensant les groupes d’Amiens. Tu as 3 catégories, genre rock/rap, etc… Un jury départage, et tu gagnes un prix. C’est le genre de petit truc qui te fait bien kiffer !

Q : Qu’aimerais tu transmettre aux gens ?

R : Ma musique, tout simplement. Autre chose… Je ne sais pas, faut que je réfléchisse à ça ! Juste du bonheur en écoutant de la musique en général, pas forcément la nôtre. La musique, ça sert à être bien.

Q : Le mot de la fin ?

R : Salut ! (rires)

 

EP  « Haute Fidélité« 

Myspace: http://myspace.com/whoaredandy

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