Arctic Monkeys+Miles Kane @ Olympia (3/02/12)


Par M.P.

La période ô combien laborieuse des examens de milieu d’année universitaire étant passée, et afin de se réchauffer de ce froid presque sibérien dont les médias semblent s’émerveiller en cette période hivernale (allez savoir pourquoi !), votre humble serviteur se rend au deuxième concert parisien des Arctic Monkeys. Avec le délicieux Miles Kane en première partie, ce concert fait partie de la tournée promouvant le quatrième opus de ces drôles de singes, « Suck It And See », métaphore subtilement anglaise que ces culs serrés d’américains ont jugé bon de censurer par un autocollant figé.  Cinq ans après l’encensement médiatique d’Outre Manche autour du premier album de ces sales gosses d’une moyenne d’âge avoisinant les 20 ans, il semblait presque logique d’aller tendre une oreille attentive à la mutation musicale supposée lorsque l’on arrive à une période dite de maturité artistique, c’est à dire à 25 ans.

Afin de nous faire patienter, il incombe à Miles Kane la tâche d’émerveiller un public visiblement déjà acquis à sa cause, ce dernier ayant en effet collaboré avec la tête pensante du groupe tête d’affiche, Alex Turner, et dont le résultat fut les Last Shadow Puppets, groupe pop symphonique surprenant. Si l’on peut reprocher aux divers titres tirés de son album, « Colour Of The Trap », un certain manque d’originalité, ressuscitant le fantôme de John Lennon sous couvert d’un style rétro mod et d’une nostalgie sixties, la fougue du chanteur et l’incroyable solidité du groupe l’accompagnant rendent crédibles des compositions classieuses, où Miles Kane montre toute l’étendue de son talent guitaristique et vocal, se faignant même, passage en France oblige, d’une adaptation du titre de Jacques Dutronc, « Le Responsable » (« The Responsible », en anglais dans le texte), déclenchant l’unanimité générale. Ca saute dans tous les sens, le chanteur se révèle être un véritable showman, arraguant la foule tel un prêcheur, le point d’orgue étant naturellement la montée sur scène d’Alex Turner pour un titre des fameux Last Shadow Puppets, « Standing Next To Me », acclamé par une foule déjà en transe qui peine à se remettre de ce qui n’est que la première partie.

Après les traditionnelles vingt minutes d’entracte, autrement dit des trente minutes d’attente, toute la bande de Sheffield débarque au son des Outkast, afin de nous balancer les différents morceaux d’un répertoire fort de quatre efforts discographiques. Banane gominée et blouson de cuir étrenné, Alex Turner semble s’être métamorphosé, passant d’un gamin timide se cachant derrière ses cheveux à un véritable rockeur revival Eddie Crochan, risquant de provoquer les sarcasmes des détracteurs les plus butés ne voyant là qu’un éternel effet de mode faisant oublier la qualité supposée des chansons. N’en déplaise à ces derniers, tout tient incroyablement bien la route, les automatismes crées par une centaine de dates rien que pour cette tournée portant immédiatement leurs fruits. La basse est lourde, la batterie cogne fort, le guitariste Jamie Cook se mute en ciseleur de sons aériens sur les compositions plus posées de « Suck It and See », sans oublier toutefois le côté braillard et branleur d’un « Brianstorm » déclenchant l’hystérie collective où d’un « I Bet You Look Good On The Dancefloor » d’anthologie. Le chanteur s’amuse des caméras retransmettant ce concert sur le site officiel du groupe, invite pour le rappel rien de moins que Richard Hawley, ancien membre de Pulp pour « You And I », face B d’un single qui pourrait bien se révéler aussi efficace qu’une face A, se montre bien plus bavard qu’à l’accoutumée, trainant une solide réputation scénique d’anglais paresseux visiblement mise à mal, avec de nouvelles allures de véritable homme de scène, en témoigne ce « Pretty Visitors » rageur et décomplexé. Miles Kane participe également à la fête, avec le titre « Little Illusion Machine » (autre face B qui en fait pourrait se révéler… Vous m’avez compris) et sur « 505 » qui clôt cette soirée singesque de fort belle manière, sous les acclamations d’une foule que la traditionnelle qualification « en délire » ne suffira jamais à embellir.

Qu’on se le dise : une critique musicale, qu’elle porte sur un concert ou un album, n’est jamais objective. Cette précision parait évidente, mais finalement nécessaire quand on voit les réactions offusquées de certaines personnes à propos de l’avis de votre serviteur, pauvre amateur de musique sur un concert de jeunes pousses parisiennes, qui n’ont d’imposant que le melon qu’elles ont pris suite aux compliments de jeunes filles en fleur, les mêmes qui m’ont permit de décorer ma chambre d’une cinquantaine de culottes affichées sur mon mur tels de véritables trophées de chasse. Il n’empêche, aux vues des chansons proposées, de la puissance qui en émanent et du talent de la plume qui les dégueule, il y a fort à parier que nous pourrons encore compter sur les Arctic Monkeys dans les prochaines années. Et ce n’est pas ceux qui ont assisté à cette centième date qui nous diront le contraire.

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